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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 18:46

Dans le milieu télévisuel français, Fracture fait office de météore. La finesse du scénario, la maîtrise de la réalisation et l'excellence de l'interprétation en font un téléfilm d'une pertinence et d'une intensité rares, et donc précieuses.
En premier lieu, ce qui force le respect, c'est la capacité du scénario à éviter tout manichéisme (hormis un délinquant noir de 17 ans ultra-violent et quelque peu caricatural): jusque dans les moindres seconds rôles, les personnages sont admirablement écrits. Mené par une troupe de comédiens en état de grâce (Samy Seghir, Leïla Bekhti, Patrick Catalifo, et l'interprète du père de Lakdar sont tout simplement exceptionnels), Fracture dynamite les habituels films sur la banlieue, dressant un portrait brutal mais nécessaire d'un système en perdition, où les banlieues semblent abandonnées, livrées à elle-même, devant les yeux hallucinés de ceux qui persévèrent à travailler pour un avenir meilleur. Le constat social est frappant, Alain Tasma met en lumière toutes les difficultés du quotidien, du manque de moyens accordés pour l'accès à la santé et à l'éducation en passant par un avenir professionnel sans issue, jusqu'au déluge de violence que tout cela engendre. En confrontant cette misère sociale au destin d'un jeune adolescent de banlieue qui rêve de devenir dessinateur et voit son rêve se briser, Fracture va bien au-delà de ce à quoi l'on aurait pu penser: la passion, la désillusion, la résignation et la vengeance aveugle, sans retour possible, tous ces thèmes ont abordés avec une justesse exceptionnelle, qu'ils soient vécus du point de vue des professeurs, de l'enfant, ou de son entourage familial. De plus, Fracture a l'intelligence de se terminer sur une note particulièrement ambivalente: tragique, mais qui encourage la nécessité d'espérer en un avenir meilleur.

Fracture est un film où toutes les qualités, de l'écriture brillante en passant par la mise en scène tendue et réaliste et l'interprétation majuscule, se conjuguent dans un constat social frappant, qui ne se contente pas de parler d'éducation, mais d'une vision d'ensemble de lieus en perdition: les banlieues.

8/10



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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 00:34



Suite au succès des Petits Meurtres en famille, France 2 s'est lancé dans cette série adaptée de romans de la reine du crime. Et c'est une réussite, car les épisodes parviennent à garder l'esprit enquête tout en s'affranchissant des écrits d'Agatha Christie en y introduisant une légèreté et un humour particulièrement bien senties. La grande force de la série est de s'appuyer sur la solidité du scénario et l'excellence de l'interprétation.

 LES MEURTRES ABC (saison 1, épisode 1)
 Une retranscription tout à fait acceptable du roman machiavélique d'Agatha Christie ABC contre Poirot. L'ambiance, alimentée par des comédiens impeccables, des décors fidèles et un scénario qui tient la route malgré la complexité de l'intrigue, est prenante à souhait.
LA PLUME EMPOISONNEE (saison 1, épisode 3)
Emmené par un casting parfait (avec le formidable duo Duléry-Colucci), une ambiance intrigante à souhait et un scénario riche en suspens et à l'issue introuvable, ce 3ème épisode se révèle parfaitement distrayant, en jouant à fond la carte du divertissement décomplexé, avec toujours cette pointe d'humour irrésistible qui vient pimenter quelque peu le propos.
LA MAISON DU PERIL (saison 1, épisode 4)
Dans La Maison du Péril, l'histoire est fortement marquée par le personnage de Jo, incarnée par une Elsa Kikoïne fantastiquement belle et attirante, en manipulatrice magnifique de sensualité. Soutenue par le toujours formidable duo Antoine Duléry - Marius Colucci, elle apporte à l'épisode un charme troublant, qui s'achève sur une note tragique. Même si le scénario, que l'on peut trouver machiavélique, est légèrement prévisible quant à l'identité du coupable, le plaisir est omniprésent tout au long de cette épisode. L'humour et la légèreté qui empreignent l'histoire finissent par rendre ce moment de télévision purement jubilatoire. Dominé par la présence d'Elsa Kikoïne, un épisode à la fois troublant et plaisant, burlesque et tragique, le meilleur de la série pour l'instant. A voir.

 7/10


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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • julien77140
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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