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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 17:39

http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/12/Detachment-Affiche-France.jpg

L'intention de départ de Detachment, à savoir rendre compte d'un chaos social, était fort louable. C'est la solution pour la mettre en oeuvre qui pose problème.
Si la subjectivité, autrement dit l'expression de l'intériorité d'un artiste, est la condition première à toute oeuvre d'art, il est de ces sujets (sociaux pour la plupart) à traiter avec un minimum de recul et de lucidité (ce qui ne signifie pas d'exclure une sensibilité personnelle, bien au contraire). Avec Detachment, Tony Kaye va à l'encontre de ces principes: au lieu de pointer la problématique d'un sujet aussi universel que l'éducation, le cinéaste se vautre dans la démagogie la plus insupportable.
Dans sa vision étriquée et irritante, en gros, les parents sont la seule et unique source du dérèglement, par leur absence et/ou leur méchanceté, les professeurs sont des martyrs incompris, des bons samaritains sacrifiés, et les élèves se scindent en deux catégories (les bons et les méchants). Mais ne vous inquiétez pas, dans le film, le personnage de Brody, sorte d'évangile sortie d'on ne sait où, est là pour leur apprendre, à ces "morveux", ce qu'est le respect, ce qu'est la vie. Ainsi ne faut-il pas s'étonner si, après qu'il ait prêché la bonne parole, les fortes têtes se retrouvent totalement dociles, avec la sensibilité d'une midinette ("Vous allez me manquer", dit l'un d'eux quand Brody leur annonce son départ). Il y a aussi la prostituée que Brody prend sous son aile, la transformant en deux coups de cuillères à pot en jeune fille bien proprette. Je ne remet pas en cause la capacité de l'être humain à changer, à évoluer (bien au contraire, puisque c'est ce qui, d'un certain côté, fait toute sa beauté), mais Tony Kaye semble oublier une chose, c'est que l'on ne change pas déjà du tout au tout, et cela ne se fait pas en un claquement de doigt ! En fait, le plus attrayant, dans toute cette désolation, c'est l'interprétation. La scène marquante du film - la seule - repose entièrement sur les épaules de Lucy Liu, qui perd son sang-froid face à une élève. Quant à Adrian Brody, sans être exceptionnel, il est suffisamment bon pour parvenir à faire oublier le statut bancal de son personnage. Le récit se concentre d'ailleurs sur la vie de ce professeur, aussi bien dans son quotidien professionnel que dans sa vie intime, s'acharnant à nous prouver sa vertu, sa quête d'aider son prochain au quotidien, à l'école comme chez lui. Dans Detachment, outre la prétention (notamment la voix-off, utilisée pour rendre compte des questionnements intérieurs du personnage, qui n'est qu'une suite de phrases creuses masquées derrière une pseudo-réflexion sur la vie), c'est la lourdeur de la démarche qui interpelle: la symbolique est bien trop appuyée, tout est sur-signifié. Un exemple frappant: les flash-backs de début suffisaient pour imaginer le passé du personnage, alors quelle idée d'aller tout montrer, tout expliquer dans la seconde partie du film? A croire que Tony Kaye ne fait aucune confiance en l'intelligence de son spectateur ! Le comble pour un film dont le personnage principal, lors d'un cours donné à ces élèves, remet en cause le monde actuel par l'omniprésence des images, qui nous ont fait perdre notre capacité d'imaginer... le cinéaste fait tout l'inverse ! Quant aux effets visuels, ils sont, au mieux, inutiles (les dessins) ou archétypaux (les flash-backs en Super 8 - comme c'est original !), et, au pire, d'une laideur à vomir (la scène du suicide de l'adolescente, avec ce plan au ralenti où elle mange un gateau, est peut-être l'un des pires moments de cinéma vus ces dernières années). Tout juste peut-on lui accorder une intention, au détour de quelques plans, de traduire poétiquement une certaine vision du chaos (les couloirs abandonnés et remplis de feuilles qui virevoltent).

Detachment concentre une telle quantité d'inepties (aussi bien esthétiques que narratives) que l'on finit par éprouver ce qu'il faudrait absolument éviter face à un film sur un sujet aussi préoccupant: une totale indifférence.

2/10

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Published by julien77140 - dans Les Détestables
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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 12:10

Ce qui, sur le papier, s'apparentait à une série B mélangeant habilement les genres, se révèle au final un long-métrage foutraque, niais et en chute libre.
Si la mise en scène, quoique transparente, reste acceptable, le scénario, quant à lui, est véritablement indigent. S'il cache bien son jeu au début (le cinéaste nous donne parfois l'illusion d'un semblant d'intérêt, voire de tension), le spectateur se rend progressivement compte de l'arnaque: lourd, brouillon, et totalement irrespectueux de ses influences, le script de TimeCrimes se prend littéralement les pieds dans le tapis, jusqu'à tomber plus bas que terre. Quant à l'acteur principal, pratiquement de tous les plans, que dire sinon qu'il est mauvais, voire ridicule. Et ce n'est pas la futile petite démonstration technique du plan-séquence final qui viendra remettre en question la nullité de la démarche de ce film.

Si l'acteur principal donne à sourire, l'ensemble du film prête plutôt à pleurer. Tel est le constat final de ce TimeCrimes confus et bâclé.

3/10



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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 09:38

Warner Bros. France

Spécialiste des comédies romantiques, Nancy Meyers nous concocte avec Tout peut arriver un petit nanar qui se caractérise par son scénario ultra-conventionnel, sa mise en scène plate, et son jeu d'acteurs horrible.
Dès le générique de début, la mise en scène abuse des ralentis pompeux, si bien que l'on se croirait dans une publicité. Pour la suite de son film, Nancy Meyers opte pour un classicisme visuel qui participe grandement au manque d'intérêt que Tout peut arriver suscite. Le scénario aligne les clichés du genre, il ne prend jamais de risque, ne fait preuve d'aucune créativité, se contentant de suivre une ligne toute tracée qui ne surprend jamais. L'histoire est donc incroyablement mince et prévisible, si bien que l'on se demande pourquoi Nancy Meyers décide de l'étaler sur une durée aussi longue. Le casting, alléchant sur le papier, ne donne lieue qu'à des interprétations fades et caricaturales.

Au final, le long-métrage de Nancy Meyers est un ratage sur presque tous les plans, même si l'on se surprend à (sou)rire dans quelques (très) rares moments. Tout peut arriver, un film où malheureusement rien n'arrive, justement...

2/10



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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 17:42

Pan Européenne Edition

"3 extrêmes" est un recueil de 3 moyen-métrages horrifiques venus d'Asie: Nouvelle cuisine, de Fruit Chan; Coupez!, de Park Chan-Wook; et La boîte, de Takashi Miike.

Coupez!, de Park Chan-Wook:
Cinéaste au style virtuose, Park Chan-Wook a fait preuve d'une originalité certaine tout au long d'une filmographie de qualité, quoique inégale, et dont le sommet reste incontestablement Old boy, un chef-d'oeuvre absolu. A la vision de son segment du projet "3 Extrêmes", qu'il a écrit et réalisé, Park Chan-Wook déconcerte totalement... car ici, la virtuosité de sa mise en scène semble être entièrement au service d'un ridicule franchement indigeste.
La mise en scène manie toujours aussi bien l'image, son cadrage et son esthétisme, et témoigne de ce savoir-faire technique si caractéristique du cinéaste coréen. Seulement, ici, tout bascule dans la surabondance, le trop-plein, la théâtralisation factice, l'absurdité outrancière. Résultat: la tension n'est jamais palpable, et les maladroites tentatives de cynisme et d'ironie enfoncent davantage le film dans le ridicule. La mise en scène apparaît d'autant plus mauvaise que la caméra filme des interprètes pas du tout crédibles, auxquelles s'ajoutent un doublage chaotique qui alignent les dialogues affligeants de connerie. En outre, que la violence soit totalement gratuite, d'accord. Mais qu'elle ne se raccroche à aucune tension, aucune atmosphère, aucun rythme, là c'est problématique, car le spectateur est pris dans un tourbillon de mauvais goût franchement désagréable. Le scénario part d'un postulat sympathique qui aurait pu être mieux exploité, car le développement de l'histoire perd tout intérêt, tout ce qui se déroule à l'écran reste creux, sans âme. En presque trois quarts d'heures, Park Chan-Wook nous fait involontairement éprouver du dégoût, de la lassitude, de l'énervement et de la pitié pour ce ratage quasi-total.

Ce moyen-métrage est une énorme déception de la part d'un cinéaste au potentiel et à la virtuosité stylistique uniques. Autant Park Chan-Wook a réussi une combinaison miraculeuse entre force brute, poésie et absurdité avec Old boy, autant ici, en ne jouant que sur l'absurdité du propos, il donne naissance à un film lourd, ridicule et indigeste.

2/10



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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 14:13
Metropolitan FilmExport

Remake du film culte éponyme, Fame version 2010 n'apporte rien à l'original,et pire, il perd toute la substance qui faisait la qualité de la version d'Alan Parker.
La mise en scène plate, les acteurs inexistants, le scénario mince et plein de clichés font de Fame un film particulièrement raté, qui manque singulièrement de souffle et ne passionne jamais. Tout au long du métrage, le spectateur a la désagréable impression d'assister à des navets du style Sexy Dance et consorts. Le réalisateur Kevin Tancharoen (dont le nom de famille pourrait s'assimiler à "tâcheron"), issu du milieu de la dance, ferait mieux d'y rester tant il manque de talent pour mettre en scène: son film ressemble purement et simplement à un téléfilm bas de gamme.

Fame version 2010 se révèle très vite être un pur film de commande pour adolescents, qui utilise son titre dans un intérêt commercial et non pour apporter quelque chose à l'original. A oublier très rapidement.

2/10


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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 20:48
Metropolitan FilmExport


Après le succès de deux premiers épisodes sympathiques, l'opus suivant s'est contenté de copier la même trame narrative, en la transposant dans un contexte différent sans rien apporter de nouveau. Destination Finale 4 suit évidemment le même chemin, à notre plus grand désarroi...
 Au-delà de son aspect nanar sans âme, Destination Finale 4, qui se veut être un divertissement fun destiné aux adolescents et qui pourtant ne procure aucune sensation louable, fait partie des films qui suscite le mépris du spectateur, par son refus assumé et absolu de créativité, qui annihile ainsi l'essence première du cinéma: la magie. Cette paresse, visible aussi bien à travers la réalisation, que le scénario ou encore l'interprétation, donne une vision faussé du Septième Art, le réduisant à un divertissement lisse et primaire. C'est affligeant de voir comment de piètre cinéaste peuvent écornés ainsi l'image de leur art. Reste quelques moments involontairement comiques presque divertissants. Dans un monde en constante recherche du profit, la profusion de films tels que Destination Finale 4 est malheureusement inévitable. Avec de telles perspectives, le cinéma est dangereusement malmené, emporté dans un tourbillon de médiocrité, où l'intérêt purement commercial engendre la restriction de l'inventivité, qui elle-même aboutit à l'essoufflement du plus beau des arts. Heureusement, de grand cinéastes d'hier et d'aujourd'hui (et espérons du futur) sont là pour nous rappeler la grandeur, la beauté et l'universalité du Septième art...

2/10


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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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