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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 10:07

Les Acacias Cinéaudience

Avec Série noire, Alain Corneau atteint les sommets du film noir à la française. Une oeuvre à l'esthétique sombre et austère pour un script particulièrement brillant.
Série noire se distingue avant tout par la qualité unanime du casting avec, en tête d'affiche, un Patrick Dewaere époustouflant dans un rôle aussi psychologique que physique. Il confère à ce personnage de représentant de commerce une vitalité, une nervosité constantes, un état d'esprit teinté de détachement, de tendresse et de violence, toujours avec justesse, un rôle complexe et terriblement ambivalent qui lui sied à merveille, tant l'acteur est habité et n'hésite pas à aller jusqu'au bout (la violence des coups de tête sur le pare-choc de la voiture a été totalement improvisé par l'acteur; de même que la séquence où il plonge la tête sous l'eau dans la baignoire durant un temps suffisamment interminable pour que l'équipe de tournage soit sidéré et ne sache pas comment réagir face à cette apnée qui prenait des airs de suicide en direct). L'acteur est en état de grâce tant il parvient miraculeusement à trouver un point d'équilibre entre l'excès et le crédible. Et que dire de Marie Trintignant, totalement envoûtante et troublante dans l'un de ses premiers rôles: elle campe une adolescente ambigüe à l'extrême, à la fois angélique et manipulatrice. Le reste de la distribution est également exceptionnelle: Myriam Boyer touchante dans le rôle de la femme de Dewaere, et Bernard Blier qui campe un opportuniste avec cynisme et sobriété. Série noire, c'est surtout un récit sombre et complexe, qui prend sa source dans le quotidien morne et malsain de ces personnages pour les confronter à une situation exceptionnelle qui les bouleversera à jamais. Réflexion puissante sur l'homme, partagé entre l'aliénation d'une société toujours plus corrompu par l'argent et la beauté insaisissable de l'amour, Série noire est un récit de l'ambiguité, une descente aux enfers terrible et pourtant lumineuse, remarquablement mis en image par Alain Corneau dans une logique d'austérité, de froideur, d'atmosphère poisseuse sur fond de quotidien désabusé. A cet égard, la fin reflète l'ensemble du long-métrage: l'amour l'emporte sur la corruption, mais l'avenir est sans issue, probablement tragique. Une fin ambivalente pour un film qui ne l'est pas moins.

Série noire est une oeuvre remarquable, qui conjugue interprétation premium, script brillant, et mise en scène naturaliste, pour un résultat puissant et déstabilisant. Alain Corneau ne nous offre pas moins qu'un petit diamant noir avec ce film.

8/10



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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:39

Les Lumières de la ville est à la fois l'un des films les plus célèbres et l'un des plus représentatifs du style de Chaplin.
Le récit se base sur une histoire classique, mixant humour et émotion, burlesque et tragique, avec le talent si particulier de son auteur. Les Lumières de la ville se démarque par 2 ou 3 scènes mythiques: les séquences entières du restaurant et du club de boxe font partie des gags les plus parfaits de la carrière de Chaplin, tandis que la scène finale, où la vérité éclate, est un modèle de sensibilité et de sincérité, où les deux interprètes principaux accèdent à une pureté absolue dans leur jeu.

En dehors de quelques séquences pour le moins exceptionnelles, le long-métrage reste plutôt sage et sans constance: on est loin de l'alchimie humour/émotion/satire poussée à la perfection dans Les Temps modernes, ou encore de la mélancolie transcendante des Feux de la Rampe. Reste un film très plaisant, regorgeant d'idées, mais sans génie.

7/10



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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 20:33

Honteusement ignoré du 61ème palmarès du festival de Cannes, Valse avec Bachir est, sous les traits d'un film d'animation, une proposition de cinéma exceptionnelle.
Valse avec Bachir est une oeuvre éminemment personnel: Ari Folman compose en fait une sorte de documentaire-témoignage doublé d'un récit autobiographique qui, selon les dires de l'auteur lui-même, lui servirait de catharsis. Néanmoins, Folman prend le parti du film d'animation, afin de ne pas aborder tout cela de manière trop directe. Mais le rendu final se révèle d'une beauté plastique indéniable, parfois même somptueuse dans ces quelques fulgurances qui a elle seule justifie la vison du film (le rêve récurrent du personnage avec les soldats qui marchent dans l'eau; la séquence où de jeunes garçons tirent à coup de lance-roquette sur un groupe de soldats; et celle qui illustre le titre du film). De ces images-là, il se dégage une poésie d'une intensité rarement égalée. Le récit, puissant, joue sur deux tableaux: celui, classique, mais pourtant superbement traité, de la dénonciation de la guerre, mais qui se mêle de façon intelligente avec le thème de la mémoire, ce mécanisme abstrait qui sert de refuge aux traumatismes laissés par les souvenirs. Le film, qui traduit un massacre dans toute sa complexité (passivité d'Israël, jeunes soldats qui de part et d'autres ne savent pas pour quoi ils se battent,...) et sans discours manichéen, se conclut sur des archives poignantes, qui font un lien avec la réalité, les vrais images du conflit.

Récit sur le traumatisme, l'innocence perdue et la barbarie de l'homme, Valse avec Bachir baigne dans une ambiance onirique, aux accents tragiques et bouleversants. Assurément, un film d'animation majeur, et un très grand film tout court, qui méritait largement la Palme d'Or à Cannes (qu'Entre les murs l'ait obtenu à sa place relève de la supercherie, voire même de l'infamie).

8/10



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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 20:50

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Avec James Dean en icône de choix, La fureur de vivre est considéré comme un film mythique du cinéma américain.
Que dire du film, si ce n'est que la première partie a tout du chef-d'oeuvre, mais que la suite se dilue dans un enchaînement de séquences dépourvues de réelles intensités, et relayant au second plan le personnage principal pour se concentrer sur un autre assez mal interprété. La fureur de vivre véhicule des thèmes importants, tout particulièrement pour l'époque même si leur signification reste intemporelle et universelle: le film traite du refus du passage à l'âge adulte, de la révolte face au conservatisme, de la virilité, de la solitude, de l'amour et de l'amitié avec une justesse exceptionnelle. Porté par un duo James Dean-Natalie Wood tout ce qu'il ya de plus mythique, La fureur de vivre atteint des sommets d'intensité et de densité dans sa première partie, avec les confrontations du personnage principal face aux autres étudiants et face à son père, ce qui donne lieu à de superbes joutes verbales.

Peinture d'un état d'esprit, d'un mal-être social chez les jeunes adultes, La fureur de vivre se démarque par son propos puissant et toujours d'actualité. Il est donc d'autant plus regrettable que le film perde en intensité et en intérêt par la suite.

7/10



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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 19:09

Dernier film des Frères Dardennes, Le silence de Lorna rassemble toutes les qualités qui ont fait la spécificité des deux cinéastes français.
En premier lieu, Le silence de Lorna met en avant une actrice: Arta Dobroshi, merveilleuse découverte qui porte le film sur ses épaules. Elle confère toute l'ambiguité nécessaire à son personnage qui sombre dans l'illégalité et la complicité de meurtre pour réaliser son rêve. Seulement, l'amour va s'en mêler... Alors oui, l'évolution de la relation entre Lorna et Claudy se révèle prévisible, mais l'ensemble impose, comme dans chaque film des frères Dardennes, un constat social fort et sans concessions sur une société capitaliste de plus en plus destructrice. La mise en scène est brillante: sa rigueur, sa sobriété, son refus de la démonstration ou du sentimentalisme, sa volonté toute puissante de s'inscrire dans une veine purement naturaliste en font une fenêtre sur le monde pleine de vérités. Peinture d'une humanité sans cesse malmenée par une société de plus en plus insensible, Le silence de Lorna est aussi (et peut-être surtout) un fabuleux portrait de femme, pleine de doutes, d'espoirs, de désillusions, et qui, au final, entrevoit la possibilité de recommencer une nouvelle vie. Les frères Dardennes sont toujours aussi forts pour la direction d'acteurs car, derrière Arta Dobroshi, les seconds rôles sont finement campés, notamment Jérémie Rénier extrêmement convaincant dans la peau d'un drogué fragile et désespéré. Au final, Le silence de Lorna se nourrit d'un scénario dépouillé qui va à l'essentiel, et remarquablement mis en valeur par la réalisation impeccable des frères Dardennes. Si les enjeux se révèlent plutôt prévisibles, il n'empêche que l'ensemble fascine, par son authenticité, sa sensibilité, et par les excellentes interprétations d'Arta Dobroshi et de Jérémie Rénier.

8/10



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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 22:34

Passé plutôt inaperçu dans les salles, ce biopic mérite d'être redécouvert pour une multitude de qualités qui en font un grand film.
Qui mieux qu'Anton Corbijn aurait pu mener à bien un tel projet? En effet, cet illustre inconnu dans le domaine cinématographique était depuis de nombreuses années un photographe renommé qui avait côtoyé par le passé le groupe Joy Division, et sa figure star, Ian Curtis. Corbijn réussit donc un double coup en prenant la place du metteur en scène: cette proximité avec le sujet se ressent par la façon à la fois respectueuse et authentique de filmer les personnages et leurs relations, et l'expérience de photographe empreint l'image d'un sens du cadre et d'un noir et blanc magnétique qui fascinent. Mais Corbijn va bien au-delà de ça: il a l'intelligence de ne pas s'enfermer dans une simple histoire relatant l'ascension d'un groupe, mais de se concentrer sur un personnage et ses états d'âme. Le scénario nous plonge à la perfection dans le sillage de cet individu à part qu'était Ian Curtis, de ce poète urbain désenchanté qui, par une erreur de jeunesse (le mariage et la naissance de l'enfant) et une ascension brutale vers la gloire, va se perdre. De cet homme tiraillé entre ses responsabilités (sa femme et son fils) et la voie que lui dicte son coeur (la vraie femme qu'il aime), cet artiste, qui chante avec son corps et ses tripes, et ne peut supporter l'avalanche de concerts qui l'attend. Personne ne comprend ce qui se passe quand il est sur scène, sa façon de se consacrer à sa musique jusqu'à l'épuisement total, et Corbijn le filme admirablement bien lors de séquences musicales qui ont le bon goût de ne jamais sombrer dans la glorification, de toujours rester au plus près de la situation, avec humilité, en restituant cette ambiance sombre et ces textes désenchantés qui sont toute l'âme de la musique de Joy Division. Et que dire de Tom Riley, sinon qu'il fusionne avec son personnage, et sert à la perfection ce récit vertigineux sur l'amour, la perte de maîtrise de son propre destin, et le fait de ne pas être à sa place.

Control est un récit empreint d'une mélancolie lancinante et désespérée qu'une mise en scène élégante et lumineuse vient illustrer de façon tout simplement brillante. Porté par un personnage à part, transfiguré par un acteur hors normes, Control ne m'est pas apparu comme un biopic, mais plutôt comme un drame à hauteur d'homme.

8/10



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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:40

Sur une idée de départ pour le moins original, Harold Ramis nous conte une histoire suprêmement drôle, drôlement touchante, et étonnante de finesse.
S'appuyant sur un casting solide dominé par le toujours génial Bill Murray, Harold Ramis brosse un conte enchanteur et plus profond qu'il n'y paraît. Le scénario explore bon nombre de situations comiques dont regorge le synopsis, pour au final dresser le portrait d'un personnage qui évolue au fur et à mesure de l'histoire. La mise en scène parvient à susciter la curiosité et à divertir pleinement malgré la structure de répétition de certaines séquences. Si parfois il perd légèrement en efficacité, ce long-métrage s'affirme comme une comédie de premier ordre, notamment lors de séquences particulièrement jubilatoires.

Récit sur le temps, le bonheur et l'amour, Un jour sans fin est un film touchant et riche en humour, même s'il rejoint les comédies hollywoodiennes avec cet inévitable et invraisemblable happy-end. Un jour sans fin est le genre de film qui plaît à tout le monde, et se laisse revoir avec un plaisir sans cesse renouvelé.

7/10



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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:05

StudioCanal

On peut reprocher au film d'être facile, de ne pas prendre de risque, certes, mais la joie de vivre qui imprègne chaque instant de l'histoire s'avère communicative. On ressort de Good Morning England dans un état de jubilation énergique.
Mené à un train d'enfer par un casting extra et une B.O. non-stop à tomber par terre qui aligne tous les bons vieux tubes des années 60, Good morning England affiche une galerie de personnages décalés et démentiels, même si l'on ne peut s'empêcher de penser que les scénaristes auraient pu aller plus loin dans l'analyse de caractère et dans le brin de folie qui englobe l'ensemble. Ici, le scénario n'est qu'un prétexte: l'histoire traîne un peu en longueur et le propos est souvent réduit à la caricature. Mais l'essentiel n'est pas là: Good morning England est un film d'ambiance, qui n'a d'autre ambition que de faire hurler le spectateur de plaisir. Et l'on peut avouer que le résultat tient ses promesses, malgré un ensemble qui aurait gagné à être plus resserré (2h15, c'est tout de même un peu long pour une comédie). Hymne à la musique comme art de vivre jouissif et fédérateur, ôde à la liberté et à la révolte face au puritanisme, à la nécessité de profiter à fond de la vie, sans tabou, dans le plus pur esprit sexe et rock'n'roll, Good morning England bénéficie d'une mise en scène colorée, énergique et plaisante. Le film de Richard Curtis est d'autant plus génial qu'il ne déçoit à aucun moment par rapport aux attentes qu'il suscitait.

Good morning England est un film à l'ambiance survoltée, et qui s'assume comme un pur divertissement, où tout est poussé à l'excès (caricature des politiques, grain de folie des persos sur le bateau) pour le plus grand plaisir d'un spectateur qui ne demande rien d'autre que de se détendre.

8/10



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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 20:48
duo Malkovich/Glenn Close génial sulfureux, manipulateur et cruel (à l'image de ses persos), le scénario est dense, caustique, puis bascule à la fin dans la tragédie quand l'amour se mêle à ce monde d'hypocrisie et d'image (la réputation est aussi importante que la vie), l'issue ne peut qu'être fatale pour le perso de John Malkovich mise en scène ample et élégante qui fait la part belle à la musique d'époque, à la splendeur des décors et des costumes, mais aussi à des dialogues fins et grandiloquents 7/10

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 20:43
8/10

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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • julien77140
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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