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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 16:58
Paramount Pictures France

Si, au premier abord, True Grit semble être à l'opposé des productions habituelles des frères Coen, il y a en fait , tout au long du film, des signes qui ne trompent pas...
Récit tout ce qu'il y a de plus académique, et qui, plus est , remake d'une film avec John Wayne, True Grit pourrait paraître très loin du style décalé des frères Coen. C'est sans compter sur l'intelligence des deux acolytes, qui s'amusent pleinement à revisiter un genre oublié et usé jusqu'à la corde. Et si le film traîne un peu en longueur au début (avec une scène de tribunal interminable), le pari est nettement relevé. Non seulement les auteurs de Barton Fink s'accompagnent d'une troupe d'acteurs géniaux (la jeune Hailee Steinfeld est hallucinante!), mais en plus leur sens du dialogue et de l'humour explose littéralement du cadre. C'est d'ailleurs de ce point de vue-là que True Grit s'impose comme un grand film: sa capacité à s'ancrer dans les codes du western tout en les détournant, mais sans jamais sombrer dans la parodie. Western à la fois classique et décalé, le nouveau film des frères Coen se révèle revigorant, et ne se prend jamais au sérieux. On peut même y déceler une pointe de poésie dans la superbe séquence à cheval vers la fin. Alors il faut tout de même rester lucide, le film faiblit par un scénario maigrichon, et ce, malgré une galerie de personnages assez jubilatoire.

Sur un postulat de départ totalement impersonnel, les frères Coen greffent leur sens de l'absurde, et le résultat est, il faut l'avouer, irrésistible. Un film dont on ressort le sourire aux lèvres, tant la sincérité et l'envie de cinéma du projet éclaboussent l'écran.

8/10


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 15:10



En apparence, 127 heures apparaît comme le film le plus tape-à-l'oeil de Danny Boyle. Il s'impose au final comme l'un de ses films les plus jubilatoires.
Alors oui, on peut reprocher au réalisateur de Slumdog Millionnaire de faire dans la surenchère, dans l'esthétique outrée et publicitaire, mais force est de reconnaître que le résultat est totalement jouissif. La principale qualité de 127 heures, c'est de traiter cette course-contre-la-montre pour survivre d'une façon totalement excessive (on verse tour à tour dans le tire-larmes, la naïveté conservatrice, ou le gore bien saignant), à milles lieues de toute subtilités, mais qui agit comme une catharsis, un défouloir, une décharge d'adrénaline concentrée, et ça fait un bien fou. Le spectateur passe par tous les états (tristesse, joie, peur, frustration, nervosité), à l'instar du personnage principal, et reste scotché jusqu'à la bouleversante libération finale. On aura beau lui reprocher ce qu'on veut, Boyle est à l'apogée de son style. Il suffit de voir le générique survolté pour comprendre sa manière toute personnelle (et plus efficace qu'il n'y paraît) de montrer le fait de "quitter le monde", de basculer dans la solitude, au milieu d'un environnement aussi hostile que somptueux. Dans son premier rôle vraiment marquant, James Franco orchestre un one-man-show époustouflant.

127 heures n'est rien de plus qu'un film déchaîné sur la survie. Mais il réussit cela à la perfection...

8/10


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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 11:47

Les Grands Films Classiques

Film emblématique de l'oeuvre de Michelangelo Antonioni, Blow Up est un objet de cinéma étrange, languissant, et unique.
Sur un postulat de départ a priori impersonnel, qui emprunte aux thrillers ou autres films policiers, Antonioni tisse une atmosphère éminemment lente, remplie de ses obsessions les plus personnelles. Blow Up prend son temps pour mettre en scène son personnage principal, et au final, l'intrigue reste en retrait et prend un attrait différent de ce à quoi l'on aurait pu s'attendre. En effet, Antonioni s'intéresse moins à cette histoire de meurtre mystérieux qu'à ce qu'elle implique sur le personnage principal, elle n'est qu'un prétexte pour servir la réflexion que veut engager le cinéaste: à la place d'une enquête classique, Blow Up met en avant l'obsession du personnage principal, et s'interroge sur la représentation du réel par le prisme de l'image et de l'imagination, sur ce que l'on voit et ce que l'on imagine. Si le film accuse un rythme étrangement lent, et s'autorise quelques digressions dans son récit volontairement décousu, la longue séquence du développement des photos, qui lance le mécanisme de l'intrigue, se révèle totalement passionnante, habitée d'une atmosphère à la fois tendue et jouissive, car le spectateur ne peut s'empêcher l'identification au personnage, aussi empressé que lui à résoudre l'énigme. Bénéficiant de l'énergie de David Hemmings, le héros de Blow Up se révèle assez fouillé: le cinéaste dresse le portrait de cet artiste qui vit dans l'instant avec un sens de la psychologie étonnant.

Porté par un excellent David Hemmings et une ambiance fascinante, Blow Up part d'une idée classique pour concevoir un tissu de réflexions éminemment personnelles, en engageant une réflexion sur le temps et notre représentation du monde.

7/10



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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:07

Après Seven, David Fincher réaffirmait son goût pour les ambiances sombres et les scénarii manipulateurs avec The Game. Seulement, la barre était montée tellement haut avec Seven, que The Game ne pouvait d'emblée pas prétendre à jouer dans la même catégorie... impression confirmée après les 2h du film.
Comment détruire quelqu'un socialement et affectivement en un minimum de temps, tel est l'enjeu de ce film qui accumule les rebondissements durant plus de 2h. Pur exercice de style, The Game emporte le spectateur dans une spirale de manipulations, de jeu de dupes, et de tensions. Le principal défaut de ce tour de passe-passe réside dans un scénario qui se veut original et surdoué mais se révèle au final plus roublard qu'intelligent: en effet, ce dernier obéit à une mécanique faussement subtile et totalement invraisemblable, à l'inverse de Seven, où le génie résidait dans un scénario manipulateur mais surtout terrifiant de crédibilité. Ici, l'histoire ne prend jamais en compte le libre arbitre du personnage principal: chacun de ses mouvements, de ses actes, de ses choix est minutieusement prévu, comme si l'homme n'était finalement qu'une machine authentiquement prévisible. Et c'est en ce sens que The Game faiblit, par cet espèce de reniement de l'intelligence et de l'instinct humain face aux moyens techniques et financiers. Reste un film potentiellement jouissif, prenant, à l'ambiance particulièrement tendue et paranoïaque, où Michael Douglas et Deborah Kara Unger mènent impeccablement le jeu.

Si les faiblesses narratives de The Game sautent aux yeux, David Fincher les englobe d'une mise en scène sombre et rythmée. On se laisse donc prendre au jeu dans ce film prétentieux mais qui s'envisage comme un pur plaisir coupable.

7/10



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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 15:39

Le Pacte

"Orange Mécanique du XXème": tel est le terme dont a été taxé Bronson à sa sortie. Sans en arriver là, on peut reconnaître de sérieux atouts à ce délire filmique.
Avant de chercher l'épure mystique dans Valhalla Rising, Nicolas Winding Refn opte, avec Bronson, pour une mise en scène opératique, à l'excentricité ostentatoire et jubilatoire: à l'image de son personnage. En effet, la véritable raison de vivre d'un tel film, c'est son personnage, qui bouffe littéralement la pélicule. A la fois fascinant, imposant, infantile, insupportable et imprévisible, Charles Bronson est un homme complexe, guidé par sa soif de gloire, de reconnaissance. Magistralement incarné par un Tom Hardy démesuré, ce personnage (qui existe vraiment), plein de brutalité animale, permet au cinéaste de s'interroger sur une société déshumanisante et la représentaion de la violence (en écho à Orange mécanique), et place au centre du récit le thème de l'insurrection face à l'autoristarisme (en cela, le film renvoit davantage à des films tels que If...). La mise en scène de Refn rejoint le style britannique dans cette aptitude géniale à combiner la violence, la jubilation et l'hilarité (certaines scènes, notamment celle de la petite fête disco dans un asile, sont de purs moments de bonheur cinéphilique). En effet, le cinéaste désamorce la violence par l'humour, même si la première prend au final le pas sur la seconde. On peut certes regretter une construction narrative hasardeuse avec une répétition parfois lassante de situations, mais l'ensemble est finalement assez remarquable de cohérence.

Joyeusement barge, échappant à toutes règles, le film de Nicolas Winding Refn est à l'image de son personnage: imprévisible, parfois lassant, mais souvent jubilatoire, et au final tout le temps fascinant.

8/10



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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 15:11

Sous le regard de Bernard Rose, le texte de Clive Barker prend des allures atypiques. En effet, si Candyman s'inscrit pleinement dans le registre du film d'horreur, il n'a de cesse d'échapper à cette simple condition.
Si le film part d'un postulat classique, il s'en démarque remarquablement par la suite, et, malgré quelques effets un peu vieillots, il se révèle passionnant à suivre. Sur près d'1h40, le récit développe un constat puissant sur la peur urbaine et sociale, la marginalisation, les préjugés raciaux, l'abandon, et travaille sans cesse l'ambiguité, les contrastes: contraste entre la pureté mélodique de la bande-son et la violence crade des meurtres, contraste entre la vie bourgeoise de la personnage principal et le quotidien de la banlieue... En ancrant le mythe dans la réalité, cette histoire mélange le fantastique et le social, et livre une vision exceptionnelle d'intelligence sur la légende urbaine, qui alimente nos peurs communes, ne dépend au final que de notre volonté, et traduit, par le bouche-à-oreille qui le permet de se développer, un certain plaisir des gens à se faire peur; comme le dit très justement le personnage de Candyman dans le film: sans les gens, qui alimentent sa légende, il n'existerait pas. En ce sens, la fin du film va jusqu'au bout de la réflexion d'ensemble proposée. En plus d'une mise en scène remarquablement maîtrisée, la bande originale de Philip Glass, qui va à l'encontre des thèmes habituels des films d'horreur, apporte une pureté grave, une poésie mélancolique étonnantes. Le film de Bernard Rose introduit pour la première fois au cinéma une figure du film d'horreur ambivalente: Candyman. Tueur romantique à la fois cruel, noble et inquiétant, le personnage interprété par Tony Todd se démarque des tueurs clichés des films de genre: ici, il s'agit davantage de l'incarnation d'un mal éperdu d'amour qu' avide de vengeance. Mais c'est avant tout Virginia Madsen qui illumine le film: d'une beauté éblouissante, la soeur de Michael Madsen livre une composition tout simplement bouleversante dans la peau d'une femme incomprise. L'atmosphère si particulière de Candyman est renforcée par des décors magnifiquement oppressants, et par la démarche d'un réalisateur qui prend son temps pour mettre en place son histoire.

Etonnament riche pour un film d'épouvante, le script concentre nos peurs les plus profondes et s'accompagne d'une portée sociale aussi édifiante que nécessaire. Candyman se démarque des films de genre avant tout par son ambiance à la fois mélancolique et mortuaire.

8/10



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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 12:49

PI

Pour son premier long-métrage, Darren Aronofsky démontre déjà, par une mise en scène apte à créer du malaise, son sens de cinéaste à part, sa patte d'artiste unique.
Si elle se révèle peut-être moins maîtrisée, moins intense que dans les films qui suivront, la réalisation d'Aronofsky s'appuie sur un noir et blanc inquiétant et des effets de mise en scène plutôt bien élaborés dans le but de créer une atmosphère inquiétante, étouffante et paranoïaque. A travers un récit qui se réapproprie les théories de célèbres mathématiciens-philosophes (on pense à Pythagore, cité dans le film, ou encore Galilée) selon lesquelles la nature et le monde serait déchiffrable en langage mathématiques, la marque du réalisateur de The Fountain est présente: dans Pi, et comme dans tous les films qui suivront, les personnages sortis de l'univers d'Aronofsky sont tous motivés par une cause, ils se dévouent corps et âmes à une quête bien précise. Si Aronofsky s'affirme déjà comme un cinéaste de l'obsession, et si son récit baigne dans une ambiance sombre et tendue, la conclusion n'en reste pas moins résolument tournée vers la lumière, à l'inverse de Requiem for a dream, par exemple. Au passage, il est important de souligner l'interprétation magnétique de Sean Gullette, acteur depuis tombé dans l'oubli.

Pi s'impose comme un petit film culte, un ovni sans comparaison possible dans le paysage cinématographique actuel.

7/10



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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 15:19

Collection Christophe L.

Démonstration technique doublée d'un script cynique, La Corde, sans être un sommet de la carrière hitchcockienne, se regarde avec un plaisir non feint.
Hitchcock parvient à intéresser le spectateur sur la durée malgré un pari technique casse-gueule qui se révèle au final superbement géré. La mise en scène entretient la tension, met remarquablement en avant le cynisme froid et parfois ironique de l'histoire. Pour le plus grand plaisir du spectateur, Hitchcock excelle à mettre en scène la perversité d'un script à forte portée sociale. Si la fin reste un peu trop scolaire et moralisatrice, on ne peut s'empêcher d'avoir une vision d'ensemble vraiment bonne.

Adapté d'une pièce de théâtre, La Corde, s'en se démarquer du format d'origine, s'affirme comme un vrai petit plaisir de cinéma, sans génie mais avec une parfaite maîtrise.

7/10



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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 14:59

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Si, sur le papier, une telle histoire ne prêtait pas à faire preuve d'une quelconque ambition, il en est tout autre dans la réalité: en effet, Rusty James n'est rien de moins que l'une des oeuvres les plus esthétiquement aboutis et recherchés de Francis Ford Coppola.
Accompagné d'une B.O. à caractère fortement expérimental, la mise en scène fluide, atmosphérique et travaillée à l'extrême se révèle de toute beauté: avec un noir et blanc d'une grande pureté, Coppola compose un univers singulier, et rend un hommage magistral au mouvement expressionniste par de fabuleux jeux d'ombres et de lumières. Porté par deux acteurs en état de grâce (Mickey Rourke en tête), Rusty James soulève un flot d'émotions au sein d'une histoire touchante et profonde qui mêle liens familiaux, virilité, passage à l'âge adulte et pouvoir. Bien avant Tetro, Coppola dissèque ainsi les tourments familiaux. Il s'intéresse plus précisément ici aux relations entre deux frères. Le personnage campé par Mickey Rourke hante ce film de sa prestence et de son humanité tragiques et apporte une touche poétique: symbole d'admiration pour son frère, cet être plein de fêlures n'aura de cesse d'essayer d'échapper à son passé. Quant à Matt Dillon, il prête ses traits à un jeune fougueux, prisonnier de l'ombre de son frère et qui ne parvient pas à trouver un sens à sa vie. Le dernier plan du film, superbe, symbolise la libération d'un personnage qui parvient à accepter à vivre avec lui-même.

Proposition graphique sublime, Rusty James concentre des thèmes chers au cinéaste d'Apocalypse Now, avec en premier lieu la famille. La justesse du ton, la beauté de l'ambiance et la sensiblité du script font de ce film un petit joyau.

8/10



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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:41

Gémini Films

Oeuvre culte totalement méconnu, Wanda, plus qu'un film, c'est une histoire. L'histoire d'un personnage, et d'une femme, Barbara Loden, femme d'Elia Kazan, qui réalise et interprète le rôle-titre, dans ce qui fut son premier et unique film.
Wanda est un film fort, essentiel et paradoxalement séduisant dans cette façon très personnel qu'il a de ne pas chercher à plaire, d'utiliser des moyens minimalistes pour coller au plus près des personnages avec une vérité, une vérascité incontestables. Avec une photographie granuleuse aux allures de film d'art et d'essai, Wanda s'impose comme l'un des plus beaux portraits de femme des années 70, à ranger auprès des plus belles oeuvres de Cassavettes. S'appuyant sur l'improvisation, la mise en scène sert une démarche authentique et sensible, et affirme un réalisme tel qu'aucun script ne semble avoir été écrit: le spectateur n'a pas l'impression d'assister à une représentation de la vie par le prisme fictif du cinéma, mais à une véritable tranche de vie, brute et sincère, où la vérité de l'image prend le pas sur toute notion de cadrage, de mise en lumière, et de gestion sonore. Une vie se déroule sous nos yeux, en direct, dans toute sa nudité et son imprévisibilité. En cette façon unique qu'il a de filmer la vie telle qu'elle est, sans artifices, Wanda est un film à part. Réflexion sur l'identité, la responsabilité et la solitude, l'oeuvre de Barbara Loden filme les parias dans une société toujours plus conformiste et cruelle, sonde l'errance d'une femme, nous conte son parcours chaotique, sa rencontre avec un truand en apparence brutal mais brisé par la vie. Cette relation qui naît, difficilement mais progressivement, entre ces deux rejetés de la vie a quelque chose de singulièrement touchant.

Peinture d'une Amérique insensible, cruelle et machiste, doublée d'un portrait sensible d'une femme perdue, Wanda est un film à la démarche nécessaire, habité par la présence de Barbara Loden, une personnalité passionnante morte hélas bien trop tôt des suites d'un cancer (à notre plus grand regret, elle n'aura pas le temps de donner suite à sa carrière de réalisatrice).

8/10



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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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