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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 15:18

12

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Avec 12, l'ambition de Nikita Mikhalkov était de réutiliser les thèmes et l'intrigue du célèbre 12 hommes en colère (Sidney Lumet), en transposant le cadre de l'Amérique des années 50 à la Russie actuelle. Autant dire que le résultat est à milles lieues de l'original...
Dans 12, Nikita Mikhalkov retrouve ses penchants habituels pour une certaine lourdeur, en les poussant à leur paroxysme.
La mise en scène use d'effets inutiles et clinquants, de symboliques trop voyantes, là où le récit ne sait jamais trop sur quel pied danser, déséquilibré par cette alternance entre les scènes de huis-clos et les flash-backs qui nous content l'histoire du condamné. L'un des principaux poids que traîne le film, c'est sans conteste l'interprétation absolument grossière de tous les protagonistes principaux, partagés entre la grandiloquence ridicule, le lyrisme pompier ou la totale transparence (dans le même rôle, Sergey Makovezkij est inexistant comparé à Henry Fonda dans le film de Lumet). Chaque monologue qui parsème le récit ne fait qu'allonger considérablement la durée d'un film qui ne fascine quasiment jamais, et le rôle que s'attribue le cinéaste révèle, dans le final, un égo assez irritant de sa part. La partition d'Artemiev est quant à elle très réussie, même si dans l'absolue elle participe à la lourdeur générale.

Le problème avec 12, c'est que Mikhalkov se veut, à travers ce constat plutôt intéressant qu'il dresse de la société russe, un cinéaste subtil et malin, or il faut qu'il parvienne à comprendre que ce n'est nullement le cas. Peut-être alors pourra-t-il se livrer à des démonstrations moins poussives...

5/10

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 14:47

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT4DgO2wkUdQrvYD_BMn6ETQzXDxeNJzCT4iwW7a3ejw8-nfS8drA

Malgré l'aspect subversif et libérateur qu'il insuffle à une époque et surtout dans un pays étouffés par les convenances (le Japon dans les années 70), l'on aura du mal à me faire croire que la majeure partie de L'empire des sens consiste en autre chose qu'un simple empilement de séquences rejouant les mêmes enjeux (baiser, partout, tout le temps, au mépris du monde) à l'infini, jusqu'à éteindre tout attrait charnel pour le spectateur, voire même à l'ennuyer, au-delà de l'aspect absurde du postulat de départ (comment un homme peut-il supporter physiquement les volontés d'une femme qui veux passer sa vie à faire l'amour sans jamais s'arrêter?). Seules les séquences d'étouffement, voulues dans un premier temps par la fille puis demandées par l'homme qui ira jusqu'à se laisser tuer, bousculent durablement les esprits, véritable mise en exergue de l'ambiguité qui lie le plaisir à la douleur, l'amour à la mort.

Trop long, trop répétitif, L'empire des sens n'est finalement jamais aussi fascinant (et, oserais-je dire, attirant) que dans les scènes où désir de sexe se mue en désir de mort, nous confrontant ainsi à nos propres pulsions autodestructrices.

5/10

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:22

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSCq7edMZiqce23I4x6K0cfkSemMuDfkBdAb3iSCAjrMU7cMzcXng

Après un démarrage qui lorgne du côté de Seven (Balaguero utilise rigoureusement la même lumière, le même type de décors, que son modèle admiré), plongeant le film dans une atmosphère sombre, poisseuse et angoissante, La secte sans nom prend un virage qui étonne, déroulant une enquête policière assez classique, pour s'achever dans la dernière partie sur des accents grand-guignolesques. C'est probablement par cette alternance des styles que le film s'en trouve déséquilibré. Au-delà d'un récit tendu mais finalement assez tarabiscoté, le film ne parvient jamais réellement à faire peur, ni susciter l'enthousiasme. Les personnages sont assez stéréotypés (la sempiternelle rencontre de deux âmes brisées par la vie), et la mise en scène s'appuie surtout sur des effets tocs (les "apparitions" visuelles, avec jeu de déformations et d'accélérés) pour contrebalancer son manque d'inventivité à instaurer une véritable atmosphère. Quant à la fin, si souvent encensée, elle ne marque pas véritablement les esprits: non pas qu'elle soit décevante sur le papier (bien au contraire, il y avait matière à faire beaucoup mieux), mais la manière de la présenter est plutôt baclée.

La secte sans nom est un petit film sans véritable intérêt, qui se laisse suivre mais n'est pas près d'hanter vos nuits.

5/10 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 15:23

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRq2u2Wk20B6ZwHlHHELUlA2gAHVJeWWBNuucp9OLJ4xjOBion7

Au rythme boulimique de presque un film par an, Woody Allen continue son petit bonhomme de chemin. Si, dans le vaste océan de sa filmographie, un bon nombre de pépites plus ou moins remarquées remontent à la surface, force est de constater que, sur ce coup-là, le cinéaste new-yorkais nous laisse sur le quai d'embarquement, tant il est difficile de se jeter à corps perdus dans les flots d'un univers qui commence par sérieusement faire du sur place.
Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu est un concentré de ce que Woody Allen Allen peut faire de plus fade et de moins original. Certes, le tout est mené de façon agréable, sans réelle faute de goût, mais quel manque d'audace! Quelle absence de magie! Où sont passés les dialogues irrésistibles et les situations cocasses? Ici, tout sent le déjà vu, si bien que l'on regarde passivement, constamment en attente d'une prise de risque, d'un accès d'inventivité, mais à aucun moment le film ne semble prendre son envol, tout englué qu'il est dans les ficelles d'un scénario choral plat et sans envergure. Le casting quatre étoiles n'a pas grand intérêt, tant les personnages manquent de subtilité.

Un Woody Allen en mode mineur, divertissant mais sans réel intérêt, que l'on oublie très vite. 

5/10

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 23:14

 

http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de4560000/4542375/le-territoire-des-loups.jpg

Passé un premier quart d'heure incroyablement convaincant, le film a tendance à s'embourber dans un schéma, une répétition de situations en forme de mise à mort assez classique, et la mise en scène si imposante de départ se réfugie derrière les créatures qui intègrent progressivement le récit, en jouant sur l'angoisse provoquée par le sursaut du spectateur à chaque nouvelle attaque. A force, Carnahan finit presque par ériger en système ce principe, si bien qu'au final l'on est davantage oppressé par l'attente d'un nouveau surgissement que par la survie proprement dite au sein d'un environnement hostile. Progressivement, l'ambiance étouffante s'estompe, pour laisser place à un survival mâtiné d'horreur assez classique, avec personnages stéréotypés et situations prévisibles. Les nombreux flash-backs (surlignées de manière très académique par une musique mélancolique) ainsi que des dialogues parfois trop explicatifs font du Territoire des loups un film qui n'hésite pas à empreinter des sentiers balisés, perdant ainsi quelque peu de vue la pureté du survival (dont Essential Killing constitue une sorte de figure jusqu'au boutiste). Pour autant, Carnahan sait filmer le cadre naturel particulièrement cinégénique dont il dispose, en nous offrant de très beaux cadrages, et le film retrouve un second souffle dans les dernières minutes, avec un plan final que le spectateur n'est pas près d'oublier. Pour convaincre même les plus réticents, Carnahan dispose d'un argument de choix: Liam Neeson, que l'on a rarement vu aussi bon, subjugue par son magnétisme. Malgré quelques poncifs, Le territoire des loups laisse entrevoir le grand film qu'il aurait pu être à travers de sublimes fulgurances (la séquence de crash aérien, d'une intensité jamais vue; à l'encontre des pratiques classiques, le moment où le héros accompagne un blessé vers la mort à l'issue du crash témoigne d'une sincérité tellement directe qu'elle émeut fortement; la fin).

Un survival brutal, oscillant entre académisme et réelle ambition, qui confirme, derrière les passages obligés du film américain classique, les talents singuliers de Joe Carnahan et Liam Neeson.
"Live and die on this day" 

6/10

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:00

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/racine/film/le-discours-d-un-roi-2186455/31922177-11-fre-FR/Le-Discours-d-un-Roi_fichefilm_imagesfilm.jpg

Bardé des récompenses les plus prestigieuses à la sortie des Oscars, Le discours d'un roi donnait l'impression d'un film puissant parvenant à transcender un sujet à perspective académique. Au final, après la vision du film, on est en droit de se demander si nous avons vu le même film que ceux qui l'ont porté sur un piédestal...
Le discours d'un roi, en plus d'être un film très classique et prévisible, accuse une lenteur assez étonnante, en particulier dans la première partie. Porté par un Colin Firth bien moins convaincant que beaucoup l'affirme, le récit a une fâcheuse tendance à  sombrer dans le cliché et l'académisme, tout juste rattrapé par les quelques piques savoureuses et gentiment incorrectes du personnage joué par Geoffrey Rush. Ainsi, quelques répliques parviennent-elles à retenir l'attention d'un spectateur pas très concerné. Néanmoins, le discours final, pourtant mis en image avec un certain souffle, s'achève sur une note à la fois niaise et dérangeante qui restitue le film dans son contexte de production hollywoodienne: niaise par ce personnage de Geoffrey Rush qui, dès qu'il manifeste sa fascination à l'égard du roi, perd tout intérêt; et dérangeante par cet incroyable aveuglement dont fait preuve le récit en proclamant une issue heureuse (l'accomplissement de la volonté de transcender son handicap) sans la replacer dans un contexte international bien plus tragique (le début de la Seconde guerre Mondiale).

Fort de sa réputation publique et critique, Le discours d'un roi n'est en fait rien de plus que l'archétype du film regardable mais vite oublié.

5/10

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 16:27

EuropaCorp Distribution 

Confortée à quelques mois de la sortie du film par une bande-annonce qui faisait à elle seule office d'oeuvre d'art, l'impatience était à son comble... le rêve d'assister à un pur nirvana cinématographique hantait chaque pensée. A la sortie du nouveau film de Terrence Malick, force est de constater que l'attente était beaucoup trop forte, les espoirs placés beaucoup trop hauts... et le constat s'impose, inexorablement, terriblement, difficile à avouer: la déception est à la hauteur de l'attente, immense.
Tree of Life est l'un des projets les plus ambitieux du cinéma, une entreprise démesurée où le sublime côtoie le risible, la fascination s'allie à l'ennui. La densité du travail formel est stupéfiante: cette symphonie de sens atteint à certains moments un point d'incandescence, de magnificence visuelle rarement égalée. Seulement ici, la beauté plastique semble n'exister que pour elle. Tree of Life accuse totalement le coup narrativement. Pour son dernier film, Terrence Malick tente, ose, et va jusqu'au bout de ses idées, pour atteindre son objectif ultime (par ailleurs louable): filmer le tumulte et la beauté de la vie en accédant à l'abstraction. Ainsi, son film écarte le plus possible tout développement narratif, dans le but de transcrire une symphonie sur l'histoire des hommes où les émotions seraient traitées avec le plus de pureté possible et la spontanéité la plus naturelle. Seulement, le cinéaste américain organise son récit, aussi abstrait puisse-t-il paraître, en chapitres qui laissent transparaître une structure trop mécanique. De plus, à l'inverse des autres films du cinéaste où elle était toujours utilisé à bon escient, la voix-off se révèle ici la plupart du temps creuse et redondante. Tree of Life, qui se veut être une ôde à la vie en même temps qu'un voyage initiatique sur l'acceptation de la mort, se vautre en fait dans des considérations mystiques, dans un discours plein de symboliques et de paroles religieuses, assénées sans une once de recul ou de lucidité. Tree of Life brasse les thématiques habituelles du cinéaste, mais, pour la première fois dans sa filmographie, Terrence Malick déçoit vraiment par son incapacité, voire pire, son parti pris volontaire à ne pas rendre compte de l'humain dans sa globalité: ici, tout est envisagé sous un angle religieux. Le panthéisme habituel du cinéaste, bien qu'il soit toujours présent, semble ici laisser place à un discours beaucoup plus chrétien, et donc restrictif. Tree of Life est une fresque sur la place de l'homme au sein de la nature, qui confronte nos petites destinées à l'immensité de l'univers. Le récit conte le parcours d'un homme qui se rappelle son enfance, et une tragédie familiale à laquelle il se retrouve confronté. La partie centrale, sur le quotidien du garçon, rend compte de l'atmosphère de l'enfance, de la vision pleine de curiosité que l'on porte sur le monde et des interrogations qui s'y rapportent: si cet aspect se révèle particulièrement intéressant, le cinéaste tombe dans la répétition et cette partie s'étire trop en longueur pour ne pas finir par susciter l'ennui. Toute une partie est consacrée à la naissance de l'univers: si la démonstration tient de l'opportunisme prétentieux, elle aligne des images somptueuses. Les séquences avec Sean Penn sont les plus faibles: elles veulent agir en contre-point avec le reste du film, mais restent d'une froideur assez frustrante. Si le trop-plein symbolique du film peut dérouter dans sa globalité, il sombre dans l'indigeste avec une conclusion édifiante de naïveté, filmée avec une austérité étonnante qui annihile toute émotion.

 Magistralement mis en image, ce poème métaphysique prouve une nouvelle aux plus récalcitrants que Terrence Malick est le plus grand créateur d'images actuel. Seulement, Tree of Life pêche par un récit bancal et frustrant. Le plus condamnable, c'est que Malick fait plus qu'échouer à toucher l'universalité pour un sujet qui se devait d'y prétendre, il évite volontairement de l'atteindre. Sur un thème similaire (l'acceptation du deuil), Darren Aronofsky a fait beaucoup mieux avec le sublime The Fountain.

4/10



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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:13

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Premier jalon de la carrière de Tarantino, Reservoir dogs est depuis lors considéré comme une petite bombe, un véritable film culte. Au final, même si les oeuvres à venir du génial réalisateur sont déjà ici à l'état de germes, on a du mal à trouver un grand intérêt à ce Reservoir dogs beaucoup trop lisse.
Le propos, attirant sur le papier, se révèle très frustrant à l'écran. Pour son premier film, Tarantino n'a pas encore la verve et l'intensité jouissives de ses meilleurs films. Si la plupart des ingrédients de son style si particulier sont déjà là (art du dialogue, violence graphique, réalisation rythmée, ambiance pop), ils seront bien plus mis en valeur dans ses prochains films. Les dialogues, interminables et creux de ce Reservoir dogs font pâle figure face à ceux, géniaux, de Pulp Fiction; la séquence du repas qui ouvre Reservoir Dogs, interminable et mal filmé, sera réutilisée de façon beaucoup plus fluide dans Boulevard de la mort; la bande-son rythmée, indispensable à tout film de Tarantino, se révèle ici très faible... bref, la liste est longue. Partant d'un postulat à fort potentiel, le scénario s'embourbe dans des dialogues inintéressants au possible, dans une construction laborieuse et une histoire d'infiltration tout ce qu'il y a de plus basique. Si les films de Tarantino n'ont jamais brillé par la densité de leur script, la plupart réserve un moment de cinéma jubilatoire dont lui seul à le secret. Avec Reservoir dogs, ni le scénario, ni le plaisir ne sont au rendez-vous. Alors oui, je vous l'accorde, la fameuse séquence de torture est cynique à souhait, mais apprécier 10 minutes sur 1h40, c'est tout de même bien peu...

Si tous les ingrédients du style Tarantino sont présents dans ce Reservoir dogs, ils n'en sont encore qu'à l'état d'esquisses mal réfléchies.

5/10



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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 18:29

Dimension Films

Saga phénomène sorti de l'esprit torturé de Wes Craven, Scream apporte une nouvelle vision du film d'horreur à la fin des années 90.
La séquence d'introduction de Scream est vraiment géniale: tendue à l'extrême, superbement amenée dans la progression dramatique, cette séquence justifie à elle-seule la vision du film. La première heure du film reste à peu près dans le même ton. Avec Scream, Wes Craven affiche sa capacité à se renouveler, à s'adapter à un cinéma modernisé. Si le scénario aligne le cahier des charges habituel du genre, il fait preuve d'une certaine subtilité par son côté pastiche. Seulement, Craven ne parvient pas à maîtriser complètement le second degré du film dans la dernière heure: le jeu de massacre s'emballe à un rythme effréné, d'un grotesque volontaire, mais au final plutôt lassant que jouissif. La fin ne vient d'ailleurs pas contredire cette impression, puisque la révélation des meurtriers et ce qui s'ensuit déçoit totalement. Il est amusant de remarquer que le casting regorge de jeunes acteurs qui se sont imposés depuis.

Scream est un divertissement de qualité acceptable, ni plus, ni moins. Et quand l'on repense à la  première heure, géniale, on se dit que Wes Craven aurait pu viser plus haut...

6/10



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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 11:49

Après Meurtre dans un jardin anglais dont je garde un souvenir particulièrement difficile (c'est l'un des pires films que j'ai pu voir!), Le ventre de l'architecte est ma seconde incursion dans l'univers de l'anglais Peter Greenaway.
Si le film n'atteint pas des sommets, il n'en demeure pas moins un objet de cinéma intéressant et original. Là où Le ventre de l'architecte se révèle réussi, c'est lorsqu'il se contente de décrire les états d'âme de son personnage principal dans sa descente aux enfers de la seconde partie. Greenaway parvient à nous mettre dans la peau de son personnage, à faire ressentir la jalousie, l'obsession et la solitude, et le sentiment d'être manipulé, abandonné, humilié. Seulement, j'ai moins adhéré à la démarche artistique du cinéaste. En voulant rendre hommage à l'art, que ce soit en filmant Rome ou en s'attachant aux oeuvres d'Etienne-Louis Boullée, Greenaway a dilué l'intensité du récit concentré sur son personnage principal. Jusque dans l'esthétique de sa mise en scène le cinéaste anglais tente d'évoquer ces influences artistiques: ces grands plans d'ensembles, où les personnages semblent perdus au milieu du décor, sont intéressants, mais plutôt vains dans la longueur. Le paradoxe réside dans le fait que sa mise en scène se veut mettre en valeur l'art mais qu'elle se révèle d'une froideur assez étonnante. Le ventre de l'architecte reste néanmoins un film au-dessus de la moyenne pour sa description précise et progressive d'une descente aux enfers, pour sa bande-son admirablement baroque signée Wim Wertens, et pour l'interprétation excellente de Brian Dennehy dans la peau du personnage principal.

Au final, ce film d'ambiance laisse un bon souvenir, malgré cette espèce d'ennui confus qui plane au-dessus de lui.

6/10



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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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