Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 14:54
 
Chaplin, aussi virtuose dans la réalisation que dans l'interprétation en passant par la composition musicale, la production ou encore l'écriture du scénario, a marqué d'une empreinte indélébile le Septième Art. Un grand homme, aux idées humanistes et politiques reconnues, qui, plus de 30 ans après sa mort, continue à susciter l'admiration.
Réalisateur et scénariste engagé et profond, acteur aussi inspiré dans la comédie que le drame, musicien subtilement évocateur, Chaplin constitue une sorte de génie comme on en fait plus, d'une polyvalence inouïe, d'une imagination fertile, d'un humour incomparable et d'une gravité bouleversante.
Pour clore cette éloge, rien de mieux qu'une citation de notre cher Chaplin qui mérite réflexion et ne fait que prouver une fois de plus l'intelligence de cet homme hors normes: "Je ne suis pas nationaliste, mais internationaliste, car le nationalisme est à l'origine de toute les guerres." 



Repost 0
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 12:40



    Réalisé au début de l'ascension de la carrière de Chaplin, Le Cirque ne fait pas partie des films les plus renommés du cinéaste. A juste titre d'ailleurs, car, même si son efficacité comique reste  supérieure à beaucoup de production actuelle, il s'agit là d'un Chaplin mineur, surtout comparé à ses plus grands chefs-d'oeuvre.  
 Le film démarre sur les chapeaux de roues, avec un alignement de gags hilarants à un rythme effréné. Dommage que la seconde partie tombe un peu dans la répétition, comme si Chaplin accusait un petit manque d'inspiration. Malgré cela, le film se regarde avec un plaisir enfantin, dont le sommet constitue la scène où Chaplin s'improvise funambule, et, dans une moindre mesure, le moment où le vagabond atterit dans un labyrinthe de miroirs. Véritable hommage aux artistes itinérants, Le Cirque dépeint également la cruauté du monde du spectacle, et ne cesse de confronter la cupidité à l'innocence de l'homme. Avec Le Cirque, Chaplin joue à fond la carte du burlesque, et c'est d'ailleurs pour cela que le film perd un peu de sa magie: où sont passées la poésie, la profondeur et l'émotion qui caractérisent si bien ses plus grandes oeuvres? Le personnage de Charlot suscite toujours autant le rire: Chaplin lui confère une gestuelle, une maladresse et une naïveté vraiment uniques. Mais le célèbre personnage au chapeau noir brille par-dessus tout par son humanité: la générosité dont il fait preuve envers la jeune femme dont il tombe amoureux prend tout son sens dans le sacrifice final, où Charlot organise le mariage entre la femme et l'homme qu'elle aime. Et lui, fidèle à son titre de vagabond solitaire, s'en va seul au loin, libre et en route vers sa destinée.
 Même s'il contient une scène d'anthologie comique (Chaplin funambule), Le Cirque ne convainc  que partiellement, à cause d'un cruel manque d'émotion. Reste qu'il s'agit d'un digne représentant du cinéma burlesque, ce qui est en soi déjà pas mal.

 6/10


Repost 0
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 22:40
    



Même si Les Feux de la rampe n'est pas le dernier film de Chaplin, il a tout d'une oeuvre-testament. Réalisé au début des années 50, période où Chaplin était critiqué de toutes parts aux Etats-Unis, ce film traduit les sentiments les plus personnels de son auteur.
  En plus d'en faire un hommage appuyé au monde du music-hall qu'il aimait tant, Chaplin transforme son film en une superbe leçon de vie. Il met en exergue la beauté et la force de la vie, de l'espoir, et encourage à persévérer, à surmonter les obstacles qui empêchent d'accéder au bonheur. Ainsi, malgré quelques scènes de music-hall qui s'étirent trop en longueurs, le film se révèle d'une puissance hors normes. Le superbe talent de scénariste de Chaplin transparaît dans la rencontre, les échanges et l'amour entre le vieux clown Calvero et la jeune Terry, où chacun des deux va apporter à l'autre le bonheur, la reconnaissance et l'espoir. En plus, ces superbes personnages sont incarnés de façon magistrale: Claire Bloom illumine l'écran de sa beauté fragile, et Chaplin prouve une fois de plus qu'il est un acteur d'exception. Il lui suffit d'un regard, qui semble porter toute la mélancolie du monde, pour transcender littéralement le spectateur. Son personnage de Calvero se révèle passionnant, partagé entre la tristesse de sa situation présente et la nostalgie du bonheur passé. A travers l'histoire de ce clown vieillissant que plus personne ne sollicite, Chaplin exprime sa crainte de perdre le contact avec le public, et glisse une critique d'un monde artistique cruel, impitoyable et sacrifiant la notion de création pour mieux faire du profit. Si Chaplin se concentre sur l'intensité dramatique du récit, avec en point d'orgue la bouleversante scène finale, il met toujours en avant son génie comique, et les dialogues sont particulièrement riches pour un cinéaste adepte du muet.
Avec ce film, Chaplin cultive une fois de plus son statut de génie polyvalent: de la réalisation, à la scénarisation en passant par la performance d'acteur ou la composition musicale (d'ailleurs superbe), il est partout, avec une intelligence et une force toujours aussi intacte. Les Feux de la rampe est sûrement le film le plus personnel de son auteur, d'une mélancolie poignante, d'une portée existencielle et humaniste terriblement émouvante. Avec une aisance toujours aussi déconcertante, Chaplin provoque à tour de rôle les rires et les larmes. Cette ode à la vie sensible et profonde, cet hymne au bonheur et à la reconnaissance d'une justesse sincère, atteint son apogée d'émotion lors de son immense conclusion, qui donne tout son sens à "l'éclat des feux de la rampe, que doit quitter la vieillesse quand la jeunesse entre en scène", comme le disait si bien Chaplin.

10/10


Repost 0

Présentation

  • : Le Point Critique
  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
  • Contact

Profil

  • julien77140
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.

Recherche

Archives