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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 19:11

Warner Bros.

En 1972, Stanley Kubrick sortait Orange Mécanique, un ovni filmique sans comparaison aucune dans le paysage cinématographique international et qui, par son propos dérangeant et son aspect visionnaire, allait d'emblée obtenir un statut de film culte. C'était il y a presque 40 ans, et Kubrick avait déjà tout compris de l'Homme, et ce, même si ce n'était pas au goût de tout le monde...
Sur plus de deux heures, Kubrick nous donne à voir l'Homme dans toute son horreur: il s'appuie sur le fait que le spectateur est forcément passif devant ce qu'il regarde pour l'ériger en voyeur, et nous ramener ainsi à notre propre condition. Rarement un film n'aura eu un tel effet, et c'est tout simplement magistral. Le scénario, complet et complexe, offre une vision très pessimiste de l'Homme et de la société. D'une part, Kubrick démontre que la violence, les pulsions bestiales, et le vice sont au coeur même de notre condition, qu'ils font partie intégrante de notre nature, et que par conséquent il est impossible de nous les soutirer, puisque l'Homme et la violence sont indissociables. Et d'autre part, le cinéaste américain dénonce une société corrompue, gouvernée par des arrivistes, une société malade et dépendante de la violence, mais il s'attarde également sur les progès de la science prêt à transgresser toute éthique pour tenter de modifier les lois de la nature. De plus, le récit regorge de séquences d'une violence effroyable, amplifiées par un cynisme et un humour grinçant qui accentue le malaise. Bref, tout est fait pour choquer, déranger: Orange Mécanique, en dépassant toutes les limites, a d'ailleurs fait l'objet d'une réflexion sur la représentation de la violence au cinéma. L'histoire nous conte la parcours d'Alex, être repoussant mais adepte de culture (il est passionné par la neuvième symphonie de Beethoven), qui fait preuve d'une cruauté innommable et gratuite au sein de sa bande de marginaux, dont il est le chef. Le spectateur assiste, impuissant, à toutes les horreurs qu'Alex commet dans la société. Dans la seconde partie, Alex est délaissé, déshumanisé, méprisé, si bien que l'on se met à éprouver de la compassion pour lui, à croire en son éventuelle rédemption, tandis que la société apparaît à son tour destructrice et cruelle. Le récit opère donc un demi-tour dans cette deuxième partie, avant la fin, monumentale, qui impose un constat terrible. Point de rédemption, la vraie nature de l'Homme resurgit: la violence, le vice. Pire, dans cette conclusion du film, le personnage, qui retrouve sa condition d'être cruel, va devenir un instrument de la société. Kubrick a porté une attention toute particulière à l'aspect formel de son film pour donner vie à l'univers foisonnant qu'il a voulu créer: en effet, les décors et les costumes, très recherchés, sont d'une grande originalité artistique, d'une incroyable beauté baroque, secondés par la musique somptueuse de Beethoven. En outre, sa mise en scène est toujours aussi fluide, propre et magique. Il s'appuie pour cela sur un acteur exceptionnel: Malcolm McDowell, qui trouve ici incontestablement son plus grand rôle. Il suffit de voir son regard pour s'en convaincre!

Stanley Kubrick orchestre une oeuvre extraordinairement aboutie, incroyablement novatrice et visionnaire, où le fond épouse la forme dans une sorte de combinaison miraculeuse. En alignant les séquences chocs, il nous ramène à notre propre condition d'être bestial et vicieux, au moyen d'un récit étonnant de noirceur. Dans Orange Mécanique, les politiques sont des arrivistes sans scrupules, les scientifiques sont des tortionnaires, les policiers sont des criminels reconvertis, les citoyens anodins sont des bourreaux, et les parents délaissent leurs enfants: bref, la vision sans concessions de Kubrick, c'est que chacun participe à faire de ce monde un monde de violence et de corruption. Constat terrifiant pour chef-d'oeuvre absolu du Septième Art.

10/10



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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 15:12

Ce qui débute comme une comédie sentimentale acide se révèle être une oeuvre beaucoup plus dérangeante et sombre. C'est Happiness, de Todd Solondz, l'un des fers de lance du cinéma indépendant américain.
La mise en scène reste très classique, et le rythme pâtit légèrement d'une longueur trop étirée: nous allons donc davantage nous attarder sur la richesse et l'originalité d'un récit à la fois juste et d'un cynisme dévastateur. Attaque en règle de la société américaine, Happiness prend également une tournure beaucoup plus globale, en s'interrogeant sur l'homme. Le film de Todd Solondz est dérangeant en ce sens où il pose un regard ambiguë sur ce qu'il filme: ainsi, le comble du cynisme est de nous proposer une vision à la fois tendre et ironique sur chacun des personnages, qu'ils soient naïfs, hypocrites, solitaires, ou encore obsédés sexuels. Chacun à leur manière, pris en étau dans un quotidien fade et sans surprises, ils se lancent dans une quête du bonheur. En évoquant cette notion de bonheur, le film reste très ouvert, ne proposant jamais vraiment de réponses, évitant ainsi tout discours moralisateur. S'il réserve quelques moments particulièrement comiques, Happiness est sans conteste un film dénonciateur, à l'ironie acide et au cynisme parfois dérangeant, choquant, qui illustre un propos beaucoup plus noir qu'il n'y paraît.

Peinture du vide et de la solitude existentiels, de la misère sexuelle, Happiness s'interroge sur la part d'ambivalence qui sommeille en chacun de nous, et livre un portrait décadent d'une société américaine caractérisée par une régression des rapports humains. Un film intéressant, même si la forme n'est pas au niveau du fond.

7/10



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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 14:49

Pas de printemps pour Marnie ne fait pas partie des films les plus réputés d'Alfred Hitchcock. A voir l'alchimie entre les acteurs et l'efficacité de la mise en scène, on ne penserait pas un instant que le tournage fut particulièrement mouvementé à cause des tensions entre Hitchcock et son actrice principale, Tippi Hedren: en effet, le cinéaste n'a cessé de lui faire des avances, qu'elle a toujours refusé... Vexé, Hitchcock ne la refera jamais jouer, et la carrière de l'actrice fit une chute libre.
La mise en scène d'Hitchcock est toujours aussi habile pour faire naître une tension diffuse, qui évolue crescendo jusqu'à la révélation finale. Avec ce film, le cinéaste utilise la psychanalyse pour nourrir la substance de son récit. Ainsi, contrairement à la plupart de ses oeuvres, les enjeux sont plus psychologiques, plus restreints à quête identitaire: un homme utilise le chantage pour forcer une femme à se marier avec lui, afin de découvrir le mal-être qui la ronge, mal-être qui semble provenir d'un événement terrible survenu dans son enfance mais restant profondément enfoui dans son inconscient. On sent qu'Hitchcock est moins à l'aise: la caméra se révèle moins oppressante, moins immersive, prise en tenaille par un scénario qui ne repose que sur la psychologie. Néanmoins, la révélation finale est un grand moment de tension teinté d'émotion. Après une première partie de présentation des deux personnages, de leur rencontre, le scénario suit leur parcours commun pour découvrir la vérité. On peut cependant lui reprocher un certain manque de complexité, car le tout reste au final très classique. Le duo principal apporte beaucoup au film, qui, d'ailleurs, repose principalement sur eux: Sean Connery fait preuve de charisme, et Tippi Hedren excelle dans le rôle d'une femme torturée, tour à tour, sûr d'elle et désemparée, émouvante et impassible.

Pas de printemps pour Marnie est un film mineur dans la carrière d'Alfred Hitchcock. Un long-métrage intrigant, plaisant, porté par la prestence de ses acteurs. De là à crier au chef-d'oeuvre...

6/10



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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 18:08

David Lynch est surtout réputé pour donner naissance à des scénarii déroutants et incompréhensibles, si bien que l'on en oublierai presque qu'il s'agit d'un des plus grands metteurs en scène actuels. Mais, là où la plupart de ses précédents films étaient, par leur sens obscur, source de frustration et d'énervement, Mulholland Drive apparaît comme un film hors normes, où le fait de ne pas tout comprendre n'a aucun intérêt tant la pellicule est imprégnée de beauté.
Fabuleux créateurs d'images et d'ambiance, David Lynch parvient ici à réunir toute sa passion et son talent pour accoucher d'un film-somme, mis en scène de façon tout simplement magistrale. Dès les premières minutes, Mulholland Drive happe le spectateur: sens du cadrage millimétré, photographie superbe et musique magnifiquement oppressante. Et, jusqu'à la fin, Lynch conserve cette qualité visuelle, cette ambiance unique dont il a le secret, avec, en option, quelques éclairs de génie absolus distillés avec parcimonie mais avec une polyvalence inouïe: il fait preuve d'aisance aussi bien dans le comique absurde (quand le tueur de seconde zone fait un carnage suite à de rocambolesques rebondissements ou encore lorsque le réalisateur surprend sa femme au lit avec un homme), le lyrisme atmosphérique (la magnifique traversée du jardin des deux actrices principales pour rejoindre une villa) que la noirceur et la tension (la rencontre avec le cow-boy). La fameuse séquence de sexe entre les deux actrices principales est à la fois sulfureuse et bouleversante de vérité, à milles lieues de toute complaisance. Mais le point d'orgue constitue sans doute cette scène hallucinante dans le petit théâtre, où une femme se livre corps et âmes dans un sublime chant d'amour qui se révélera à la fin être un playback: une métaphore absolue d'un art cinématographique, qui, finalement, n'est qu'illusion. Le réalisateur d'Elephant Man est également un directeur d'acteurs extraordinaire. En nous offrant Naomi Watts et Laura Elena Harring comme tête d'affiche, il est à l'origine de l'un des duos les plus intenses depuis de très longues années de cinéma. Superbement secondé par Laura Elena Harring, Naomi Watts, découverte par le public grâce à ce film, trouve ici le plus beau rôle de sa carrière: elle y est constamment bouleversante. Compréhensible pendant presque deux heures, le scénario suit le même schéma que les réalisations précédentes de Lynch. Alors pourquoi la frustration n'est-elle pas au rendez-vous? Tout simplement parce-que, d'une part, le fond se révèle très riche, et d'autre part, parce-que l'on peut tenter d'émettre des interprétations plausibles en se creusant un peu les méninges. Ici, le cinéaste américain s'intéresse à la face sombre d'Hollywood, véritable machine à créer les rêves autant qu'à les détruire, avec une mise en abyme passionnante du Septième Art, où le cinéma entretient des rapports avec des personnalités politiques, et l'art se mêle ainsi à l'argent, la corruption. Le centre névralgique du récit reste la thématique de l'illusion: illusion d'une femme meurtrie qui voudrait en être une autre, illusion d'une femme aveuglé par l'amour et qui se projette une image faussée de la femme qu'elle aime, illusion d'une femme corrompue par la célébrité et qui manipule à sa guise la femme qui l'aime, illusion d'un artiste qui piège son public. Mais Mulholland Drive est aussi (et surtout) une somptueuse et tragique histoire d'amour.

Pour conclure, Mulholland Drive concentre toute la perfection formelle du cinéma de Lynch. Déroutant, torturé, sensuel et oppressant, le film se révèle également bouleversant, si bien que l'incompréhension finale (que l'on peut tout de même déchiffrer dans les grandes lignes) ne provoque ni frustration, ni agaçement, ni ennui. Pari gagné pour David Lynch qui franchit une étape majeure avec Mulholland Drive: perdre le spectateur tout en lui procurant un plaisir inoubliable.

9/10



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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 10:37

Peu habitué à la sobriété, Zhang Yimou y parvient pourtant avec Epouses et concubines, une oeuvre réaliste au message fort.
Sur le plan visuel, Zhang Yimou manifeste autant d'intérêts pour les couleurs vives (avec le rouge des lanternes) que pour les tons froids et oppressants. L'austérité globale de la mise en scène souligne le climat d'enfermement qui pèse sur les personnages. Ce traitement volontaire de l'aspect visuel du film se révèle à l'image du scénario: déconcertants de froideur au départ, ils prennent une toute autre ampleur dramatique dans la seconde partie. Le scénario se distingue par sa solidité exemplaire, sa richesse thématique et son issue totalement désespérée. Incontestablement, Epouses et concubines est une oeuvre engagée: ouvertement féministe, critique à l'égard de la polygamie et, plus globalement, d'un monde régi par des traditions ancestrales absurdes qui privent les femmes de leur liberté et de leur humanité. Tout au long des 2h de film, Zhang Yimou analyse les rapports entre les femmes du maître de maison: les rivalités, les amitiés qui se nouent, les jeux de faux-semblants et de manipulations, la résignation, et les sentiments de révolte. D'un tel film, on ne peut que regretter quelques fautes de rythme qui suscitent parfois l'ennui, car tout le reste se tient à la perfection.

En conclusion, Epouses et concubines est une oeuvre à charge contre le traitement inhumain des femmes au nom de traditions archaïques. Si le film déçoit dans un premier temps par une austérité excessive, il gagne en puissance au fur et à mesure d'un récit incroyablement fort et abouti.

7/10



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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:00

A l'origine, Cashback est un court-métrage d'une dizaine de minutes, à mi-chemin entre la comédie et la poésie. Deux ans plus tard, son réalisateur, Sean Ellis, décide de réutiliser les plans de son petit film pour développer l'histoire et donner ainsi naissance à un long-métrage. Cashback, c'est en premier lieu une réflexion décalée sur le temps. A travers une idée de scénario plutôt bien trouvé, Sean Ellis livre une vision à la fois légère et sensible sur la vie dictée par les heures qui s'écoulent, sur le désir, sur l'art, sur l'amour, et sur les rêves de chacun. Et même s'il cède parfois à un sentimentalisme un peu mièvre et à un comique légèrement régressif, l'ensemble reste enthousiasmant. Outre une histoire particulièrement originale, c'est la mise en scène qu'il convient de saluer ici. En effet, Sean Ellis, vraiment inspiré, crée avec tout un jeu de mouvements de caméra et de lumière, une ambiance totalement nouvelle, incroyablement immersive, et qui illustre à merveille aussi bien le potentiel comique et émotionnel de son scénario que les thématiques abordées. On se surprend à rester émerveillé devant certains plans de caméra: la transition entre le lieu de l'appel téléphonique et la chambre du personnage, le ralenti dans l'escalier ou encore la transition entre une file d'attente d'enfants dans la rue et le retour à l'intérieur du magasin, et bien-sûr, la séquence où le personnage arrête le temps et peint les corps nus des clientes du supermarché.

Cashback est un moment de cinéma totalement plaisant, qui parvient à susciter aussi bien le rire (lors de séquences à l'humour régressif mais qu'importe) que l'émotion (avec quelques scènes à l'atmosphère très paisible, planante), et ce malgré quelques maladresses.

7/10



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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 09:38

Warner Bros. France

Spécialiste des comédies romantiques, Nancy Meyers nous concocte avec Tout peut arriver un petit nanar qui se caractérise par son scénario ultra-conventionnel, sa mise en scène plate, et son jeu d'acteurs horrible.
Dès le générique de début, la mise en scène abuse des ralentis pompeux, si bien que l'on se croirait dans une publicité. Pour la suite de son film, Nancy Meyers opte pour un classicisme visuel qui participe grandement au manque d'intérêt que Tout peut arriver suscite. Le scénario aligne les clichés du genre, il ne prend jamais de risque, ne fait preuve d'aucune créativité, se contentant de suivre une ligne toute tracée qui ne surprend jamais. L'histoire est donc incroyablement mince et prévisible, si bien que l'on se demande pourquoi Nancy Meyers décide de l'étaler sur une durée aussi longue. Le casting, alléchant sur le papier, ne donne lieue qu'à des interprétations fades et caricaturales.

Au final, le long-métrage de Nancy Meyers est un ratage sur presque tous les plans, même si l'on se surprend à (sou)rire dans quelques (très) rares moments. Tout peut arriver, un film où malheureusement rien n'arrive, justement...

2/10



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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 17:42

Pan Européenne Edition

"3 extrêmes" est un recueil de 3 moyen-métrages horrifiques venus d'Asie: Nouvelle cuisine, de Fruit Chan; Coupez!, de Park Chan-Wook; et La boîte, de Takashi Miike.

Coupez!, de Park Chan-Wook:
Cinéaste au style virtuose, Park Chan-Wook a fait preuve d'une originalité certaine tout au long d'une filmographie de qualité, quoique inégale, et dont le sommet reste incontestablement Old boy, un chef-d'oeuvre absolu. A la vision de son segment du projet "3 Extrêmes", qu'il a écrit et réalisé, Park Chan-Wook déconcerte totalement... car ici, la virtuosité de sa mise en scène semble être entièrement au service d'un ridicule franchement indigeste.
La mise en scène manie toujours aussi bien l'image, son cadrage et son esthétisme, et témoigne de ce savoir-faire technique si caractéristique du cinéaste coréen. Seulement, ici, tout bascule dans la surabondance, le trop-plein, la théâtralisation factice, l'absurdité outrancière. Résultat: la tension n'est jamais palpable, et les maladroites tentatives de cynisme et d'ironie enfoncent davantage le film dans le ridicule. La mise en scène apparaît d'autant plus mauvaise que la caméra filme des interprètes pas du tout crédibles, auxquelles s'ajoutent un doublage chaotique qui alignent les dialogues affligeants de connerie. En outre, que la violence soit totalement gratuite, d'accord. Mais qu'elle ne se raccroche à aucune tension, aucune atmosphère, aucun rythme, là c'est problématique, car le spectateur est pris dans un tourbillon de mauvais goût franchement désagréable. Le scénario part d'un postulat sympathique qui aurait pu être mieux exploité, car le développement de l'histoire perd tout intérêt, tout ce qui se déroule à l'écran reste creux, sans âme. En presque trois quarts d'heures, Park Chan-Wook nous fait involontairement éprouver du dégoût, de la lassitude, de l'énervement et de la pitié pour ce ratage quasi-total.

Ce moyen-métrage est une énorme déception de la part d'un cinéaste au potentiel et à la virtuosité stylistique uniques. Autant Park Chan-Wook a réussi une combinaison miraculeuse entre force brute, poésie et absurdité avec Old boy, autant ici, en ne jouant que sur l'absurdité du propos, il donne naissance à un film lourd, ridicule et indigeste.

2/10



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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 13:23

Pyramide Distribution

Porté par la superbe interprétation de Marianne Faithfull, ce petit film modeste possède bien des mérites qui font passer un agréable moment de cinéma.
Sans génie, mais avec justesse et sobriété, Sam Garbarski filme cette histoire simple et attachante. Les ficelles sont parfois un peu grosses et la progression du récit reste prévisible, mais la sincérité du projet touche assurément le spectateur. Aussi à l’aise dans les séquences dramatiques que dans celles plus comiques, l’ex-star du rock Marianne Faithfull prête ses traits à une grand-mère d’exception, qui, en trouvant un travail ingrat dans un club de sexe, passe outre les bonnes mœurs de la société pour rassembler les fonds nécessaires à sauver son petit-fils malade, et, ironie du destin, va tomber amoureuse du patron. Irina Palm nous propose une plongée réaliste (quoiqu'un peu timide il faut le dire) dans les bas-fonds du commerce sexuel, et le cinéaste parvient intelligemment à montrer que, s’il s’agit bien d’un environnement malsain et cruel, c’est avant tout un monde d’êtres humains en perdition. La petite critique d’une bourgeoisie et d’une société conditionnées par les bonnes mœurs donne lieue à des séquences assez jouissives, où le personnage de Marianne Faithfull casse de façon très décomplexée cette image hypocrite.

Magnifique acte d’amour d’une grand-mère pour son petit-fils, Irina Palm s’impose également comme une histoire d’amour insolite mais profonde entre deux êtres qu’a priori tout oppose. Sam Garbarski réussit un film modeste, à la fois tendre et grave, aidé en cela par une bande-son musicale sympathique, une actrice impeccable et un sujet traité avec justesse et humanité.

7/10



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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 15:34

Dans Le Bal des Vampires, Roman Polanski tente une incursion dans deux genres peu familiers pour lui : le fantastique et la comédie.
La mise en scène impose un rythme plaisant, et parvient aussi bien à retranscrire la loufoquerie que la tension du scénario: on sent que Roman Polanski s’amuse derrière la caméra. Sa relecture du mythe du vampire surfe sur les clichés du genre tout en les parodiant de façon plutôt sympathique. Le travail fait sur les décors est par ailleurs remarquable. Le scénario hésite toujours un peu trop entre rire et frisson, si bien qu’il ne parvient pas souvent à réussir sur les deux tableaux, mais le récit est mené de main de maître : le spectateur est plongé dans cette histoire, et s’attache au tandem principal du maître et son élève. La fin est étonnante d’ambivalence : l’histoire d’amour finit bien mais la voix-off qui conclut le film est d’un pessimisme incroyable. Si Roman Polanski reste sobre dans la peau du jeune assistant, Jack McGowran est hilarant sous les traits d’un vieux savant fantaisiste. Mais c’est bien la regrettée Sharon Tate qui irradie le film de sa beauté sensuelle : grâce à elle, l’histoire d’amour prend une toute autre valeur.

Si Le Bal des Vampires est un film mineur dans la carrière de Roman Polanski, il n’en reste pas moins un bon film, brillamment orchestré par ce metteur en scène de génie.

 7/10



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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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