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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 18:57

Collection Christophe L.

Célèbre photographe de la fin des années 60, Jerry Schatzberg s'est ensuite imposé comme un pilier du cinéma des années 70, notamment avec L'épouvantail, son oeuvre la plus réputée, et Panique à Needle Park, son deuxième film.
Jerry Schatzberg parvient magistralement à rendre passionnant un récit qui manquait d'originalité sur le papier. Son approche quasi-documentaire, son style vif et tendu, font ici merveille. Schatzberg dresse des portraits de personnes en marge de la société, nous raconte leur quotidien, et suit leur descente aux enfers dans le quartier de Needle Park, lieu de concentration des arrivages de drogue, une sorte de "Harlem pour blancs". Plus largement que la drogue, le cinéaste s'intéresse tout d'abord à des hommes et des femmes en perdition, au moyen de gros plan particulièrement sensible qui donne toute cette humanité aux personnages, et avec ces longs plans éloignés qui rendent toute cette vérité aux situations. Panique à Needle Park, c'est l'histoire d'une femme timide et sensible qui découvre une autre facette de la vie avec un homme insouciant et ambitieux qui se met en tête de la séduire, c'est le récit de la naissance d'un amour confronté à la drogue, et de comment cet amour tente de survivre dans un tel milieu d'auto-destruction. Le superbe plan-séquence final, sans paroles, voit les deux amoureux, perdus, se retrouver malgré la trahison, malgré l'addiction: la vie continue, leur amour aussi. Le film se conclut là-dessus, il n'y a rien à ajouter: le cinéaste va à l'essentiel. Schatzberg se démarque également comme un formidable directeurs d'acteurs: Al Pacino, pour la première fois à l'écran, trouve l'un des meilleurs rôles de sa carrière, et l'inconnu Kitty Winn fait office de révélation tant elle éblouit le film de sa sensibilité, de son innocence qui peu à peu se consume. Elle a d'ailleurs très justement été récompensé d'un prix d'interprétation à Cannes, mais on ne l'a plus revu après. Cinéma, monde cruel...

 La démarche ultra-réaliste de Jerry Schatzberg, fondée sur une mise en scène à la lisière du documentaire et une direction d'acteurs exceptionnels, fait de Panique à Needle Park un film important des années 70, et l'un des plus grands films traitant de la drogue.

8/10



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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • julien77140
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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