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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 23:14

 

http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de4560000/4542375/le-territoire-des-loups.jpg

Passé un premier quart d'heure incroyablement convaincant, le film a tendance à s'embourber dans un schéma, une répétition de situations en forme de mise à mort assez classique, et la mise en scène si imposante de départ se réfugie derrière les créatures qui intègrent progressivement le récit, en jouant sur l'angoisse provoquée par le sursaut du spectateur à chaque nouvelle attaque. A force, Carnahan finit presque par ériger en système ce principe, si bien qu'au final l'on est davantage oppressé par l'attente d'un nouveau surgissement que par la survie proprement dite au sein d'un environnement hostile. Progressivement, l'ambiance étouffante s'estompe, pour laisser place à un survival mâtiné d'horreur assez classique, avec personnages stéréotypés et situations prévisibles. Les nombreux flash-backs (surlignées de manière très académique par une musique mélancolique) ainsi que des dialogues parfois trop explicatifs font du Territoire des loups un film qui n'hésite pas à empreinter des sentiers balisés, perdant ainsi quelque peu de vue la pureté du survival (dont Essential Killing constitue une sorte de figure jusqu'au boutiste). Pour autant, Carnahan sait filmer le cadre naturel particulièrement cinégénique dont il dispose, en nous offrant de très beaux cadrages, et le film retrouve un second souffle dans les dernières minutes, avec un plan final que le spectateur n'est pas près d'oublier. Pour convaincre même les plus réticents, Carnahan dispose d'un argument de choix: Liam Neeson, que l'on a rarement vu aussi bon, subjugue par son magnétisme. Malgré quelques poncifs, Le territoire des loups laisse entrevoir le grand film qu'il aurait pu être à travers de sublimes fulgurances (la séquence de crash aérien, d'une intensité jamais vue; à l'encontre des pratiques classiques, le moment où le héros accompagne un blessé vers la mort à l'issue du crash témoigne d'une sincérité tellement directe qu'elle émeut fortement; la fin).

Un survival brutal, oscillant entre académisme et réelle ambition, qui confirme, derrière les passages obligés du film américain classique, les talents singuliers de Joe Carnahan et Liam Neeson.
"Live and die on this day" 

6/10

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Published by julien77140 - dans Les Acceptables
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bobmorane75 15/03/2012 15:39

J'ai beaucoup le début avec le crash et les premières attaques, et puis s'enfonce lentement dans l'ennui et le ridulement long lorsqu'ils arrivent à la rivière. Une fin marquante en effet.

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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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