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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 23:52

Metropolitan FilmExport

Après Training Day, on retrouve Antoine Fuqua au meilleur de sa forme pour L'Elite de Brooklyn, un polar urbain sombre, violent et désespéré.
Classique mais maîtrisé, la mise en scène donne pourtant lieue à de fulgurants éclairs de violence qui surgissent et parsèment avec une intensité surprenante ce récit très noir. En ayant recours à la structure narrative du film "choral", Antoine Fuqua ne fait pas que réutiliser un procédé qui n'a plus rien d'original, il s'en sert comme moteur pour faire monter la tension crescendo, et ainsi donner à voir de superbe séquences, notamment dans la seconde partie du film (en particulier la descente de police dans un appartement de gangsters pendant que le vieux flic et son élève tentent de rétablir l'ordre dans un magasin) jusqu'aux dix dernières minutes, excellentes, où les histoires des trois personnages principaux convergent par une idée de scénario particulièrement habile. Le spectateur sent qu'Antoine Fuqua a réglé au millimètre cette séquence finale, apothéose de tension et de violence, carrefour fataliste pour les personnages, malgré un symbolisme un peu lourd (le seul qui n'est pas là pour commettre un péché échappe à la mort). A travers les trois personnages de policier, Antoine Fuqua montre une fois de plus son intérêt pour les personnages de perdants, sombres et torturés, embarqués malgré eux dans une descente aux enfers: le vieux flic désabusé par la dureté de son métier et qui s'apprête à prendre sa retraite; le flic de base, sous-payé, qui s'embarque dans un projet dangereux et illégal pour trouver les fonds afin de s'acheter une nouvelle maison dans le but d'assurer une vie décente à sa famille; le flic infiltré au sein du quartier le plus dangereux de la ville, qui n'arrive plus à gérer nerveusement la difficulté de son métier, et attend sa promotion pour pouvoir "travailler dans un bureau". Avec ces trois portraits, Fuqua propose des images contrastées et ambivalentes sur les policiers: les trois personnages sont condamnés à la solitude, embourbés dans un cercle vicieux, hantés par une obsession, que ce soit les horreurs du métier, le besoin d'argent ou celui d'être partagé entre le devoir du flic et la vie mafieuse, et leur vie semble dès le début prendre une trajectoire fataliste. Cependant, le cinéaste semble pointer du doigt la hiérarchie, à l'origine d'un système injuste et corrompue. Le scénario, académique mais solidement charpenté, regorge des thématiques classiques du genre, tels que la violence, la rédemption, l'amitié ou encore la vengeance. Antoine Fuqua s'impose une fois de plus après Training Day comme un fabuleux directeurs d'acteurs: Richard Gere y trouve un rôle majeur dans sa carrière, Ethan Hawke est impressionnant, et Don Cheadle parfait.

 L'Elite de Brooklyn est un polar classique mais efficace, violent mais humain. Le désespoir et la noirceur qui imprègnent la pellicule s'associent avec la tension et l'émotion pour un résultat prenant et plaisant. La mise en scène, les interprètes et la structure narrative son irréprochables, seul un manque évident d'originalité vient mettre une fausse note à cette histoire qui sent le déjà vu.

7/10



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commentaires

turfer 17/06/2010 10:58

il est sympa ce film, je recommande

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  • Le Point Critique
  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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