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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 15:48

En règle générale, les suites de film n'existent que pour reprendre les mêmes ingrédients que l'oeuvre d'origine, le plus souvent en les dénaturant, l'objectif étant davantage commercial qu'artistique. Avec Kill Bill volume 2, Tarantino a l'intelligence de faire totalement le contraire de ce à quoi l'on pouvait s'attendre, l'imposant au final comme un volet complémentaire au premier, en ce sens qu'il s'y oppose radicalement.
En reprenant le récit là où il s'ait arrêté à la fin du premier épisode, Kill Bill volume 2 étonne rapidement par le contre-pied qu'il réalise. L'histoire change de territoire (les Etats-Unis remplacent le Japon), le ton et les références aussi: si les films de king-fu sont convoqués, c'est bien l'hommage à Sergio Leone qui est ici total. Le scénario garde la même base (la mariée qui assouvi sa vengeance en assassinant un à un les membres de son ancien clan), mais tout a changé: ici, Tarantino met en exergue l'attente qui précède les fulgurances de violence, le calme avant le déchaînement. La galerie de personnages se révèlent l'une des plus hallucinantes vus au cinéma: chacun gagne incroyablement en épaisseur, tous nous éclaboussent de leur prestance, de leur charisme et de leur ambivalence. Bref, ils sont méticuleusement mis en lumière dans ce deuxième volet, contrairement au premier qui se refusait toute étude de personnages un tant soit peu fouillée. Ces êtres héroïsés et inaccesibles de Kill Bill volume 1 sont désormais présentés comme des humains, ils sont filmés dans leur quotidien (le membre masculin qui se fait virer de son boulot de videur de bar, le long face-à-face final dans la maison du chef entre ce-dernier et la Mariée). De plus, Tarantino renoue davantage avec son style, alternant phases de violence et longues séquences dialoguées à la perfection. Les deux moments d'exception du long-métrage sont incontestablement deux face-à-face: celui entre la Mariée et le maître d'arts martiaux, hilarant et génial, puis celui entre la Mariée et Bill, incroyablement tendu et pourtant toujours calme, qui clôt le film de façon extraordinaire. La mise en scène, toujours aussi riche, se focalise davantage sur une tension sourde, une émotion pudique et une mélancolie brumeuse. Comme dans chaque long-métrage de Tarantino, la musique est omniprésente. Même si moins génial que celle du premier volet, la B.O. reste attractive et participe à l'hommage fait aux différents styles fétiches du cinéaste.

Moins jubilatoire, mais plus élégant, plus mature et plus profond que son aîné, Kill Bill volume 2 s'impose comme une oeuvre étonnamment ambitieuse sur le plan narratif, une oeuvre de la sagesse comparée à son flamboyant aîné.

9/10



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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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