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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 17:25

http://static.cinebel.be/img/movie/poster/full/1008456_fr_de_rouille_et_d_os_1335448641712.jpg

Après Un prophète, parabole fascinante sur l'ambition et le milieu carcéral qui a mis tout le monde d'accord, Jacques Audiard était attendu au tournant. Allait-il réitérer ce succès aussi bien critique que populaire?
Il est permit de regretter, au-delà du fait que le scénario est l'adaptation d'un livre, que l'histoire enchaîne et accumule les situations dramatiques avec la régularité d'un métronome: la sensation de trop-plein est présente à chaque instant de la vision du film. Pour autant, la mise en scène d'Audiard est d'une telle efficacité qu'elle réussit à nous faire avaler toutes ces couleuvres. La scène du lac gelé, par essence prévisible, est transfigurée par la caméra qui en fait un rebondissement terriblement puissant. La fin est cependant le gros point noir, faisant passer le film d'un extrême à l'autre: si la globalité du métrage macère dans la noirceur, il se conclue sur un happy-end particulièrement mauvais. Comme d'habitude, Audiard se révèle être un immense directeur d'acteurs, et ce, jusque dans les moindres seconds rôles. Matthias Schoenarts (la tête d'affiche de l'incroyable Bullhead) est totalement convaincant, mais c'est bien Marion Cotillard qui impressionne par sa performance exceptionnelle... à milles lieues des rôles sans relief auxquels elle est cantonnée à Hollywood, et de son interprétation outrée et sensationnaliste d'Edith Piaf qui a lancé sa carrière, Cotillard, pour la première fois, se révèle à la hauteur de sa réputation. Toujours juste, jamais excessive, elle parvient à trouver un équilibre de jeu (entre la séduction, la virilité et la fragilité) assez sidérant. Mais qu'est-ce qui fait que, au final, De rouille et d'os n'est pas un grand film? Son principal handicap (si je peux m'exprimer ainsi), en fait, c'est d'être trop conscient de lui-même, de trop vouloir être grand. Il suffit de voir ces quelques plans où la caméra d'Audiard scrute la larme au coin de l'oeil d'un protagoniste, et laisse le plan s'étirer jusqu'à ce que celle-ci ait fini de couler du visage: c'est cette volonté de vouloir maîtriser chaque détail, de chercher à tout prix la beauté, qui fait De rouille et d'os un film trop cadré pour être sublime. Sans compter que d'autre part, Audiard, totalement sûr de lui après le triomphe d'Un prophète, s'autorise même quelques insertions risquées, notamment musicales, à la limite du mauvais goût. 

Cette fois, contrairement à Un prophète, il n'y a pas grand-chose à retenir du film en-dehors de son impact émotionnel. De rouille et d'os n'en demeure pas moins un film fort, parcouru de séquences saisissantes, et habité par des interprètes au diapason.

7/10

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Published by julien77140 - dans Les Admirables
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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • julien77140
  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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