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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 16:16

Au début des années 2000, Gladiator eut un succès retentissant, en proposant une relecture moderne d'un genre oublié depuis des décennies: le péplum. Quelques années plus tard, Alejandro Amenabar s'y intéresse également, mais avec au final un résultat beaucou moins remarqué. En effet, son nouveau-né, Agora, est complètement passé inaperçu lors de sa sortie en salles.
Comment préserver la somme des connaissances humaines quand la marche de l'Histoire en a décidé autrement? Voilà l'une des questions centrales de ce film. Agora encourage la puissance de la raison, de la curiosité, de la remise en question constante de nos certitudes, et de la détermination à toute épreuve, au péril même de sa vie, pour défendre ses opinions contre l'avis général. Amenabar s'intéresse à une période peu flatteuse de notre culture occidentale: l'émergence de la religion catholique dans la fureur et le sang. On peut regretter qu'Amenabar, en athé convaincu, ne nuance jamais son propos, et manque ainsi de subtilité. Il n'empêche que la puissance de conviction du cinéaste nous emporte, surtout qu'elle se base sur des faits, certes romancés, mais bien connus. En pointant du doigt une religion catholique née dans le violence la plus effroyable, Amenabar fait un parallèle avec les extrémistes religieux actuels du Moyen-Orient. La fin du film, bouleversante, impose un constat assez terrible: la marche de l'Histoire a détruit bien des trésors de l'humanité. Si, aujourd'hui, tous les questionnements et les découvertes du film peuvent paraître triviaux ou scolaires, il faut se replonger dans le contexte de l'époque pour savourer le développement d'une pensée, d'une démarche qui aboutit à la vérité.  Malgré quelques outrances (notamment ces très hasardeux plans de la Terre vus de l'univers avec, en fond sonore, des bruits de foules humaines en colère), Alejandro Amenabar réussit parfaitement à rendre compte d'une société en regression, d'un recul de l'intelligence humaine (notamment lors de la scène, saisissante, du pillage de la bibliothèque). Sa mise en scène est ample et lyrique, renforcée en cela par des décors soignés. Dans la peau d'une philosophe déterminée, Rachel Weisz est particulièrement convaincante.

 Pour sa mise en scène, pour la puissance de ses thèmes, Agora est un film à découvrir, un péplum plein de bruits et de fureur qui livre l'une des plus fortes dénonciations de l'obscurantisme religieux vues au cinéma.

7/10



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commentaires

essay writer 01/06/2011 12:02

You see I watched this film, it's really fantastic

Videodrome 08/05/2011 14:36

Je suis tout à fait d'accord avec ta conclusion. C'est un joli film sur la quête de civilisation et les limites de celle-ci devant les pressions populistes. Agora est tombé à pic, il entretient une certaine résonance avec l'actualité internationale. J'ai beaucoup aimé même si, évidemment, comme le dit BEN, c'est peut-être "conventionnel", plus en tout cas les travaux antérieurs d'Amenabar. Mais vraiment, qu'importe ! Agora se démarque largement de toute la vague de néo-péplums (même s'il n'est pas aussi divertissant ou jouissif que Troie ou Gladiator que tu cites).

Ben 19/04/2011 19:19

Je l'ai trouvé un peu conventionnel malgré ses qualités de reconstitution, la problématique religieuse est un peu simplement évoqué. Toutefois, comme tu dis la fin est vraiment réussie car elle est plus atypique, moins consensuelle aussi.

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  • : La longue élaboration de ce blog de critiques cinématographiques est le témoignage de ma passion pour le Septième Art. J'écris ces critiques davantage pour partager mon point de vue sur un film que pour inciter à le voir. Ainsi, je préviens chaque visiteur de mon blog que mes critiques peuvent dévoiler des éléments importants de l'histoire d'un film, et qu'il vaut donc mieux avoir préalablement vu le film en question avant de lire mes écrits.
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  • Depuis très jeune, l'art est omniprésent dans ma vie: cinéma, musique, littérature... Je suis depuis toujours guidé par cette passion, et ne trouve pas de plaisir plus fort que de la partager et la transmettre aux autres.
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